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Biopic : le destin tragique de Judy Garland sur les écrans

Le réalisateur Rupert Goold signe « Judy », film biographique autour de l’existence majestueuse et tourmentée de celle qui maniait aussi bien le chant que la comédie. Incarnée par Renée Zellweger, une « petite fiancée de l’Amérique » dont la vie a été engloutie par les addictions et l’industrie d’Hollywood.


Année 1968. Un an avant sa mort, due à l’ingestion de barbituriques, la comédienne, chanteuse et danseuse américaine Judy Garland (1922-1969) quitte son pays natal pour s’installer à Londres. C’est dans cette capitale britannique, au cabaret Talk of Town, qu’elle s’apprête à donner une série de concerts lui assurant un cachet juteux. Et ce, pour subvenir notamment aux besoins de ses trois enfants (dont la fameuse Liza Minnelli) qu’elle a laissés outre-atlantique. La star du cinéma est désormais sans-le-sou. Mais qu’est-ce qui a donc poussé cette âme troublante et troublée, véritable égérie d’Hollywood, à se retrouver dans cette impasse ?
C’est ce que le film de Rupert Goold, Judy, s’attache à montrer, à travers la gloire - cornaquée par ses agents - et la descente aux enfers qui ont jalonné la vie de Judy Garland. Sa carrière ne laissait pourtant pas présager un tel sombre destin. En 1939, alors âgée de 17 ans, elle joue le rôle de Dorothy dans le film musical de Victor Flemming, Le Magicien d’Oz. Un triomphe populaire qui la propulse au rang de vedette et d’icône des foyers américains, notamment grâce à la chanson Over the rainbow.

Renée Zellweger, Oscar de la meilleure actrice


C’est d’ailleurs son adolescence que le film ausculte, pour expliquer sa fin de parcours tragique. Une jeunesse marquée au fer rouge par les diktats hollywoodiens, où les managers-vautours la gavent de cachets coupe-faim, en réponse à son solide appétit. « Je ne savais pas qu’on lui avait donné des substances chimiques dans sa jeunesse, quand elle est entrée dans le système des studios américains. Je ne savais pas le prix qu’elle avait eu à payer pour tout cela », explique, au micro de France Info, la comédienne Renée Zellwegger, récompensée il y a deux semaines par l’Oscar de la meilleure actrice, littéralement métamorphosée pour les besoins du rôle de Judy. Courte perruque, lentilles de couleurs, corps malade et chétif, bout du nez légèrement étendu par le maquilleur du film, la transformation est totale.
Judy est inspiré de la comédie musicale End of the rainbow (2005, Peter Quilter). Un titre peu anodin, qui laisse deviner une mère aux gants de fer qui l’avait déjà habituée, dans sa jeunesse, à la prise de médicaments pour garder la ligne. Une mauvaise habitude perpétuée par les costards-cravates du studio MGM (Metro Goldwin Mayer), qui conseillent à Judy Garland de prendre des amphétamines pour qu’elle supporte mieux la cadence effrénée des tournages. Une addiction qui la rendra insomniaque et précipitera la perte de celle qui fut surnommée « la petite fiancée de l’Amérique » .


P.A.