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Maxime Hurst, 25 ans, locataire du 22 rue de Barr: "Ça sentait le brûlé, j'ai appelé les pompiers"

Maxime, 25 ans, est locataire du 22, rue de Barr, depuis le mois d'octobre, et c'est lui qui a appelé les pompiers au beau milieu de la nuit. « Je suis rentré chez moi après minuit, raconte-t-il. J'ai appelé l'ascenseur et trois personnes en sont descendues. J'avais mes écouteurs sur les oreilles. Je suis monté jusqu'à mon appartement, au 5e étage, et je suis rentré chez moi. J'ai allumé la lumière et la télévision. Les lumières ont clignoté bizarrement. J'ai enlevé mes écouteurs et puis j'ai entendu un bruit sourd, comme si quelque chose allait exploser... J'ai essayé de remettre le courant sur le disjoncteur de mon appartement et j'ai entendu d'autres bruits provenant de la cage d'escalier. ça sentait le brûlé, j'ai appelé les pompiers... Je me suis souvenu que c'était le 18, comme un réflexe » Maxime est le premier à appeler les secours. Au bout du fil, il est paniqué, les pompiers lui disent, gentiment, de se calmer.

Maxime descend alors « petit à petit » les étages, par l'escalier, dans une fumée étouffante. « Je n'arrivais pas à respirer ! ». Arrivé au rez-de-chaussée, il voit les placards électriques de l'immeuble en feu. Il s'étonne qu'ils soient ouverts. « Ça a pris super vite », s'étonne-t-il, encore sous le choc. C'est encore lui qui accueille les pompiers à leur arrivée, et qui leur ouvre la porte d'entrée. Il se souvient de gens aux fenêtres, de cris... « C'était horrible », dit-il. Ensuite, la police est venue et de nombreux moyens ont été déployés : « La rue était pleine de camions et d'ambulances ! ».

Maxime, sans-emploi, a dû passer la nuit chez des amis. Ce jeudi matin à 11h, il doit aller témoigner au commissariat de police.

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Ouverture d'une cellule de soutien

Une cellule de soutien aux personnes n'ayant pas de nouvelles de leurs proches et aux riverains est ouverte dès à présent au 31 rue Kageneck à Strasbourg, non loin des lieux du drame. Des agents de la ville assurent l'accueil ce jeudi matin en attendant la mise en place d'une cellule médico-psychologique.

"C'est la pire scène que j'ai vu de ma vie": une voisine d'en face*

"J'ai tout vu, tout le monde était aux fenêtres, c'était une scène incroyable, il n'y avait pas de lumière, c'est la pire scène que j'ai vu de ma vie, il y avait des gens sur le toit, ça a duré longtemps, au moins une heure pour les évacuer, c'est dur de voir ça, il y avait une vieille dame...

C'est très violent, je pense aux familles des victimes (toujours la voisine d'en face). On voyait les flammes. Ceux qui étaient le plus en détresse c'est ceux qui étaient au-dessus. Le plus flippant c'était de voir les fenêtres où il n'y avait personne. 

C'était dur de voir les gens brûlés.

J'étais quasiment seule à la fenêtre. Une femme criait "Sauvez-nous, sauvez-nous!". On entendait des gens crier mais la plupart étaient muets."