Le patron du célèbre fonds britannique TCI, habitué à croiser le fer avec les patrons des entreprises dont il est actionnaire, a, cette fois, décidé de s’attaquer aux groupes qui ne s’engagent pas en matière climatique. Une mise en garde pour toute la finance traditionnelle, explique Philippe Escande, éditorialiste économique au « Monde ».

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Lors du Climate Finance Day, à Paris, le 28 novembre. CHRISTOPHE ARCHAMBAULT / AFP

Deuxième opérateur du câble aux Etats-Unis avec près de 45 milliards de dollars (40,8 milliards d’euros) de chiffre d’affaires, le groupe Charter Communications n’est pas facilement impressionnable. Mais ce week-end, l’attaque l’a pris par surprise sous la forme d’une lettre de l’un de ses plus remuants actionnaires, le fonds d’investissement britannique TCI. Christopher Hohn, un excentrique de la finance comme savent en fournir les Britanniques, a enjoint au câblo-opérateur de faire d’urgence des progrès en matière climatique.

Dans une lettre rendue publique dimanche 1er décembre par le Financial Times, il explique que Charter Communications, dont il détient 4,2 % du capital, est, dans ce domaine, la pire entreprise de l’ensemble de son portefeuille de 28 milliards de dollars d’actifs. L’absence de toute donnée concernant les émissions de gaz à effet de serre lui paraît inacceptable. Il demande donc instamment à la société de publier l’état de ses émissions, de fixer des objectifs de réduction et de présenter un plan de transition vers le bas carbone.

Appuyer sur les faiblesses

Ce n’est pas la seule entreprise dans le collimateur de Sir Chris Hohn, dont le fonds est surtout réputé pour ses assauts sur les entreprises dont il conteste la stratégie, comme le français Safran, en 2017. C’est d’ailleurs le métier de ces activistes d’appuyer sur les faiblesses d’une société, souvent pour demander des cessions ou pour contester une acquisition. C’est pour cela que les patrons ne les aiment pas. Cette fois, il entend jouer les justiciers climatiques. Avec un argument imparable : « Investir dans une entreprise qui ne publie pas son niveau de pollution, c’est comme investir dans une société qui ne dévoilerait pas ses comptes. » Il entend donc désormais « punir » les administrateurs qui n’œuvrent pas dans ce sens. Comme BlackRock, le premier gestionnaire d’actifs au monde, qu’il accuse de beaucoup parler d’environnement sans résultat concret.

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Progressivement, les financiers traditionnels s’emparent du sujet climat, pour des raisons de pur risque financier. Ainsi, la Banque de France a annoncé, vendredi 29 novembre, à l’occasion du Climate Finance Day, à Paris, qu’elle soumettrait, dès 2020, les banques qu’elle supervise à des « stress tests climatiques ». L’actif trop carboné commence à sentir le soufre.

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