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France

Climat: les États-Unis seuls contre le reste du monde à Davos

De notre envoyé spécial à Davos

Décidément, le changement climatique aura bien été le thème dominant de ce cinquantième Forum économique mondial (WEF, en anglais) de Davos qui s’achevait ce vendredi. Lors de la dernière table ronde de la semaine où les pilotes de l’économie mondiale ont posé leur diagnostic sur la croissance, Steve Mnuchin, le ministre des Finances de Donald Trump, s’est en quelque sorte retrouvé seul face au reste du monde.

Face à lui, Kristalina Georgieva, la directrice générale du FMI, affirme que «l’investissement dans une économie bas carbone peut être un stimulus pour la croissance» et que «les entreprises et le secteur financier devraient être obligés de mesurer le risque climatique . Christine Lagarde, qui lui a cédé son fauteuil au FMI l’an dernier pour prendre la présidence de la Banque centrale européenne (BCE), abonde: «les risques environnementaux doivent être davantage intégrés dans les modèles d’analyse économique» (…) «et dans les portefeuilles» des investisseurs.

Steve Mnuchin, fidèle à la ligne défendue par le président des États-Unis mardi à Davos, résiste au sens du vent: «ne nous leurrons pas, dit-il, il n’est pas possible de modéliser les risques dans les trente ans avec certitude sans connaître l’impact qu’aura le progrès technique. Je pense qu’on ne sait pas évaluer le prix de ces risques». Et lorsqu’Olaf Scholz, le ministre allemand des Finances, également présent sur la scène, rappelle que son pays s’engage à fermer ses centrales à charbon en 2038 et estime indispensable la mise en place d’un prix du carbone pour orienter les investissements, son homologue américain contre-argumente. Steve Mnuchin est hostile à un impôt sur le CO2 qui «taxe les gens qui travaillent dur».

Mnuchin préfère parler d’«enjeux environnementaux»

Le ministre allemand, sans pour autant rejoindre le discours apocalyptique porté toute la semaine à Davos par la jeune militante Greta Thunberg, ne voit pas l’avenir en rose: «en 2050, nous serons 10 milliards. Si les pays émergents parviennent à cette date à atteindre seulement la moitié du revenu des pays développés en fondant leur développement sur les énergies fossiles, ce ne sera pas viable». Pour Olaf Scholz, c’est une raison de plus pour que l’Europe montre l’exemple et tende vers la neutralité carbone en 2050. Steve Mnuchin relativise: «on devrait parler d’enjeux environnementaux et pas de changement climatique qui n’en est qu’une partie. Le président (Trump) croit en un air propre, en une eau propre, et nous sommes d’ailleurs devenus plus efficaces» sur ces points. Il justifie le rejet par les États-Unis de l’accord de Paris de 2015 sur le climat «parce qu’il n’est pas équitable». Et d’ajouter, dans le droit fil du discours de Donald Trump à Davos sur les États-Unis, premiers producteurs de pétrole du monde: «il y a du gaz propre en abondance dans le monde». L’expression «gaz propre» se justifie par le fait que le gaz naturel est le moins polluant des hydrocarbures mais comme toutes les énergies fossiles, sa combustion émet du CO2. «Il n’y a pas de doute que les questions environnementales influencent l’économie», poursuit le ministre américain «mais il faut relativiser»: «les enjeux de santé sont aussi importants, les enjeux de sécurité aussi - l’Iran ne doit pas avoir la bombe atomique».

Même le Japon, fidèle allié des États-Unis, par la voix de son banquier central Haruhiko Kuroda, se range aux côtés des patronnes du FMI et la BCE et du ministre allemand. «Les catastrophes naturelles s’intensifient». Deux typhons survenus l’an dernier ont pesé sur la croissance, estime le gouverneur de la Banque du Japon qui vient de rallier une coalition de banquiers centraux mobilisés pour «verdir l’économie». «Le Japon doit faire plus pour réduire ses émissions de gaz à effet de serre», conclut Haruhiko Kuroda.

Christine Lagarde explique que, à en croire les publicitaires, l’homme est motivé par le sexe, la peur et l’envie. Et selon elle, c’est la peur d’être affectés à l’avenir par le changement climatique qui pousse des multinationales telles que Microsoft ou le fonds d’investissement BlackRock à opérer un vrai virage «vert». Steve Mnuchin, préfère, lui, s’en remettre au progrès technique. Deux visions irréconciliables.

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