Après l’annonce d'un reconfinement du pays mercredi soir, Jean Castex a précisé certaines mesures ce jeudi face à l’Assemblée nationale. Le Premier ministre a invité les entreprises à recourir « le plus massivement possible » au télétravail et a annoncé un prolongement des aides de chômage et financières à hauteur de 20 milliards d’euros.

« Le recours au télétravail doit être le plus massif possible » pendant le confinement, a affirmé Jean Castex, en précisant que « dans le secteur privé, toutes les fonctions qui peuvent être télétravaillées doivent l’être cinq jours sur cinq ». « La nouvelle règle sur le télétravail sera inscrite dans le protocole qui sera mis en ligne ce soir », a précisé dans la foulée le ministère du Travail. « Ne pas respecter cette règle est un manquement à l’obligation de protection des salariés qui expose l’employeur à une sanction civile ou pénale », ajoute le ministère.

Un nouveau budget présenté la semaine prochaine

Jean Castex a également annoncé une extension du chômage partiel et du fonds de solidarité pour soutenir les entreprises pendant le nouveau confinement national, financés par un budget rectificatif que le gouvernement présentera la semaine prochaine. « Mercredi, le Conseil des ministres adoptera un nouveau projet de loi de finances rectificative prévoyant une enveloppe de 20 milliards d’euros supplémentaires pour financer ces mesures de soutien et d’accompagnement », a expliqué le Premier ministre.

« Les PME qui connaissent des difficultés pourront bénéficier d’un renforcement des exonérations de charges et nous prolongerons de six mois les prêts garantis par l’Etat », a également annoncé le Jean Castex. Dans le détail, « tous les secteurs faisant l’objet d’une fermeture administrative bénéficieront d’aides pouvant aller jusqu’à 10.000 euros par mois via le fonds de solidarité » et, pour ces mêmes secteurs, « nous mettons en place l’activité partielle avec zéro à charge pour l’employeur ».

Dix milliards d’euros par mois de confinement

« Pour les autres secteurs, le dispositif d’activité partielle en vigueur, qui devait se réduire au 1er novembre sera maintenu et prolongé pour les salariés, aux conditions actuelles », a également précisé le chef du gouvernement. « Nous devons collectivement assumer ces dépenses », a-t-il lancé devant les députés, en faisant valoir « ne rien faire aurait un coût économique, financier et surtout humain encore plus considérable ».

Selon le ministre des Comptes publics, Olivier Dussopt, un mois de confinement représente « 10 milliards d’euros de dépenses d’intervention ». « Lorsque l’activité s’arrête pendant un mois entier, c’est entre 2 et 2,5 points de PIB que nous perdons. C’est plus de 10 milliards d’euros de dépenses d’intervention et c’est au moins 10 milliards d’euros de perte de recettes fiscales », avait-il expliqué mercredi, en rappelant que depuis le début de la crise, l’Etat avait vu ses recettes baisser de 70 milliards d’euros de recettes fiscales.