France

Coronavirus: Didier Guillaume s'inquiète de la «situation préoccupante» du commerce agricole

«Il faut débloquer la situation d'une façon ou d'une autre», s'est alarmé le ministre de l'Agriculture, Didier Guillaume, ce jeudi matin au micro de Sud-Radio. Le ministre a dénoncé la «situation préoccupante» du commerce agricole alors que plusieurs tonnes de produits à destination de la Chine - lait, porcs, vins - sont bloquées à cause du Coronavirus. «C'est un vrai drame», a-t-il déploré. «Avec mes collègues Chinois, nous envisageons de passer par la route de la soie (entre l'Asie et l'Europe, NDLR). En passant par la Russie on peut acheminer les produits par le train parce que la Chine va avoir un début de problème de pénurie alimentaire».

«Nous exportons aussi beaucoup de lait», a expliqué le ministre. «C'est aussi un sujet préoccupant car cela peut être un danger pour la filière. Si nous arrêtons d'exporter il va y avoir un effondrement des prix.»

Interrogé également sur l'échec des discussions de la PAC, le ministre s'est dit «réjoui», car «s'il y avait eu un accord, il aurait été mauvais pour nos agriculteurs. Ce n'est pas à eux de payer pour le Brexit et je n'accepterai pas une baisse du budget », a-t-il déclaré. «Le président de la République continue à se battre pour maintenir de bonnes aides».

Didier Guillaume s'est aussi exprimé sur les retraites des agriculteurs, après qu'un paysan a interpellé dans la semaine Emmanuel Macron pour lui demander une revalorisation des retraites actuelles. «Je ne peux pas m'occuper des retraites des quarante dernières années», a-t-il concédé. «Mais Edouard Philippe a mis en place une commission de travail pour regarder ce que qui peut-être fait autour des pensions actuelles».

Enfin, alors que le bio en France a franchi la barre des 10% (avec un objectif, en 2022, d'atteindre les 15% de surfaces utiles agricoles), le ministre a réagi à un rapport sénatorial critique sur les financements publics consacrés à l'agriculture, publié quelques jours avant le salon de l'Agriculture. Le rapport accuse l'État de «filouterie», selon les termes d'un des sénateurs LR contributeurs, Alain Houper, interrogé par Public-Sénat, et de faire «de la communication». Le texte pointe également du droit «un désengagement de l'État dans les aides» qui «reculent» et l'impossibilité de respecter dans les temps l'objectif des 15% de surfaces agricoles bio en 2022. «C'est un rapport politicien qui ne tient pas compte du réel», a accusé Didier Guillaume. «Je conteste la base de leur chiffre.»