L’isolement des malades du Covid-19 peut-il fonctionner en France ? En plein débat sur la gestion de ces personnes atteintes par le  coronavirus, l’Ordre des médecins a exprimé vendredi son opposition à l’utilisation de données de santé « à des fins de contrôle » et demandé au contraire « une véritable stratégie d’accompagnement ».

Evoqué par plusieurs ministres depuis début novembre, le sujet a été abordé mardi soir par le président Emmanuel Macron, qui a estimé nécessaire d’être « plus contraignant à l’égard de celles et ceux qui ont le virus ».

Ne pas transiger avec le secret médical

Le Premier ministre, Jean Castex, a ensuite annoncé jeudi que le gouvernement déposerait un projet de loi visant à « mieux faire respecter l’isolement », avec « un accompagnement le plus individualisé possible ».

Pas question de transiger avec le secret médical, met en garde dans un communiqué l’Ordre des médecins qui « ne saurait accepter que les données médicales recueillies dans le cadre de la lutte contre le Covid-19 (…) puissent être utilisées à des fins de contrôle de nos concitoyens ». Si un test positif devait avoir « des conséquences coercitives », cela « affaiblir (ait) l’adhésion de la population au dépistage et au traçage », ajoute l’institution.

Pour l’Ordre, « une politique réussie de confinement individuel pour les malades et les cas contacts » passera par « la mise en œuvre d’une véritable stratégie d’accompagnement médical et social ».

A cette fin, « les moyens humains et financiers qui ont été annoncés dès le début de la crise sanitaire doivent y être alloués ».