Les plans de réorganisation des établissements de santé sont « évidemment suspendus », a écrit lundi le Premier ministre, Edouard Philippe, dans un courrier au maire de Nancy qui s’étonnait de la volonté de l'ARS du Grand Est de poursuivre les suppressions de poste.

Cette mise au point intervient après le tollé provoqué durant le week-end par le directeur de l’Agence régionale de santé (ARS) Grand-Est, Christophe Lannelongue, qui avait estimé, en pleine crise du coronavirus, qu’il n’y avait « pas de raison » d’interrompre les suppressions de postes et de lits au CHRU de Nancy.

« Partager ensemble les conditions de la refondation de notre système hospitalier »

« Demain, nous aurons à tirer tous les enseignements de cette crise sans précédent et à partager ensemble les conditions de la refondation de notre système hospitalier », écrit le chef du gouvernement.

« Et comme l’a indiqué le ministre des Solidarités et de la Santé, les plans de réorganisation des établissements de santé sont évidemment suspendus à la grande concertation qui devra être menée dans ce cadre », poursuit-il dans son courrier, en faisant valoir qu'« aujourd’hui, l’engagement de l’Etat au soutien de nos hôpitaux et de nos soignants est total et rien ne doit nous détourner de sa mise en œuvre ».

Des suppressions sur cinq ans de lits et de postes

Christophe Lannelongue avait estimé qu’il n’y avait « pas de raison de remettre en cause » le comité interministériel de la performance et de la modernisation de l’offre de soins hospitaliers (Copermo), qui prévoit la suppression sur cinq ans de 174 lits (sur 1.577 en 2018) et de 598 postes au CHRU de Nancy (sur environ 9.000).

Cette position avait alors été jugée « totalement décalée », « à la fois déconcertante et indécente », par le maire de Nancy, Laurent Hénart (Mouvement radical) et le président de la commission médicale d’établissement du CHRU de Nancy, le professeur Christian Rabaud, dans un courrier adressé à Edouard Philippe et au ministre de la Santé, Olivier Véran.

« L’heure est à la mobilisation de tous »

Le ministre avait déjà affirmé dimanche que les plans de réorganisation étaient suspendus, estimant sur Twitter, que, « à Nancy comme partout, l’heure est à la mobilisation de tous pour faire face au Covid-19 ».

Le président du Conseil départemental de Meurthe-et-Moselle, le socialiste Mathieu Klein, avait pour sa parti indiqué avoir écrit à Emmanuel Macron « pour lui demander d’annuler la dette de l’hôpital public », notamment celle du CHRU de Nancy, et de ne « pas engager de suppressions de postes supplémentaires ».