France

Coronavirus : Donald Trump est-il à la hauteur ?

Lecture : 4 minutes

Le président américain Donald Trump gère-t-il bien la crise du coronavirus ? L’analyse de Jean-Éric Branaa, politologue spécialiste des États-Unis.

Donald Trump souhaitait mettre l’État de New York en quarantaine mais a dû reculer. Est-ce un camouflet ?

Non. Il n’y a aucun camouflet. Cela participe du tâtonnement dont il fait preuve depuis le début de cette crise. On peut considérer que ce n’est pas très différent de ce que font les autres chefs d’État, partout dans le monde : tout le monde a été surpris par la soudaineté de la pandémie et l’impréparation a été flagrante partout. Il est vrai que, dans le cas de Donald Trump, on entend beaucoup de déclarations qui « partent dans tous les sens ». Cela vient de sa nature, d’une part, et aussi - il faut bien le reconnaître -, du fait qu’il est toujours sous les feux croisés de l’observation de tous. Plus que n’importe quel chef d’État, il doit donc « rendre des comptes ».

Dans sa gestion de la crise sanitaire du coronavirus, le président américain vous paraît-il à la hauteur ?

Le peuple américain semble le penser pour le moment. Sa cote de popularité est au plus haut et elle devrait encore monter dans les jours qui viennent. Elle est toutefois bien moins haute qu’elle ne devrait, alors que le peuple américain est si prompt à « se ranger derrière son chef » en cas de crise.

Il y a là, potentiellement, un problème pour l’avenir de Donald Trump. D’autant qu’une grande méfiance semble s’installer dans son propre camp, en raison justement de sa gestion de la crise et des décisions qui sont prises. Celles-ci rompent avec l’orthodoxie économique des républicains, notamment son plan de relance qui fait exploser la dette et son plafond.

Beaucoup ont compris aussi que sa décision de fermer les frontières n’était pas motivée par une volonté nationaliste mais par un motif sanitaire : cela redéfinit donc le rôle de l’État et cet interventionnisme ne plaît pas forcément aux conservateurs.

Mais, globalement, Trump fait le job : il apparaît tous les soirs, rassure, informe, répond aux questions. Il a calmé son discours et ne critique plus l’opposition. Il n’y a pas grand-chose à lui reprocher sur les axes forts de sa gestion de la crise.

Suivez notre direct
A-t-il fait une erreur en pariant sur une sortie de crise à Pâques ?

Bien sûr : c’est à ranger dans le dossier des âneries qu’il a pu dire depuis qu’il est élu.

Il a pensé pouvoir rassurer les États les plus ruraux, et qui lui sont le plus favorables, parce que ceux-là ne sont pas trop touchés pour le moment. Mais rien ne dit que ce sera toujours le cas à Pâques et son discours va lui revenir à la figure comme un boomerang.

Trump se sait attendu sur la gestion de la crise économique qui s’annonce et l’urgence est effectivement de remettre la machine américaine en route au plus vite. Mais c’était une erreur de le dire, car la santé de ses compatriotes est la préoccupation du moment. Il a sous-estimé la peur. C’est une imbécillité.

Le système de santé sera-t-il au centre des débats de la prochaine présidentielle américaine ?

La question de la santé est au centre de la campagne depuis le début. Ce n’était pas commenté en France parce que la presse a été détournée par un autre narratif, notamment l’épisode du procès en destitution.

Ceci étant dit, il est certain que la crise rebat les cartes et que la question de la santé va être posée sous un angle nouveau. Il ne s’agit plus de savoir s’il faut un système de santé « pour tous ». Obama a gagné, avec quelques années de retard, parce que le système des soins abordables qu’il a mis en place est la bonne base qui permet de faire évoluer l’ensemble assez facilement.

La crise révèle, en revanche, des points de progression à atteindre de façon urgente et c’est ce que vont s’employer à proposer les deux candidats d’ici à novembre. Trump devrait intensifier ses propositions sur l’accès aux médicaments et pourrait y ajouter des obligations pour les assureurs privés de prendre en charge, par exemple, les épidémies. De son côté, Joe Biden va récupérer une partie des idées de Bernie Sanders et renforcer son offre de poursuite de la construction de l’Obamacare.

Donald Trump va-t-il payer sa gestion de crise en novembre prochain ? La crise actuelle va-t-elle favoriser son probable adversaire démocrate, Joe Biden ?

Nul ne le sait. Je consacre un livre, qui sort le 10 avril (*), à ce sujet en tentant d’y apporter un début de réponse. Désolé de ne pouvoir être plus précis aujourd’hui : la vague ne s’est pas encore abattue sur les États-Unis, et cela peut tout changer, dans un sens comme dans l’autre.

A paraître : « Plus rien ne sera comme avant » (Volume 1 : L’Amérique au temps ducoronavirus) – VA éditions – avril 2020.

Football news:

Président du Bayern à propos de San: il joue dans des chaussures Nike. Si vous passez à nous, découvrez les avantages d'adidas
L'agent Igalo a confirmé que Manchester United était sur le point de prolonger le bail du joueur jusqu'en janvier
Le Celtic pourrait signer Claudio Bravo, Foster ou Joe Hart
Harry Kane: Tottenham doit gagner 7-8 matches pour accéder à la Ligue des Champions
Jankauskas à propos de Mourinho: Intelligent, spirituel et fort. Tout d'abord par l'esprit
Balotelli veut que Brescia le ramène dans l'équipe ou lui verse une indemnité. Durant l'été, le joueur change de Club
Witzel about Sancho: Il est l'un des meilleurs joueurs de sa génération