France

Coronavirus : quels soins et quelles perspectives en soins intensifs ?

À l’image de Boris Johnson admis en soins intensifs, le traitement des cas graves de Covid-19 repose sur une médecine de réanimation dont le but est de compenser la défaillance d’organes, ici les poumons.

Dix jours après avoir été testé positif au nouveau coronavirus, le Premier ministre britannique, âgé de 55 ans, a été hospitalisé dimanche à l’hôpital St Thomas de Londres, et face à une "détérioration" de son état, a été transféré lundi au service de soins intensifs de l’établissement.

Quels types de malades du Covid-19 se retrouvent en unité de soins intensifs, quels soins reçoivent-ils et quelles sont leurs chances de s’en sortir ? On fait le point.

Qui se retrouve en soins intensifs ?

Ce traitement est réservé aux cas graves de malades du Covid-19 qui souffrent d’insuffisance respiratoire sévère découlant de l’atteinte des poumons par le virus SARS-CoV-2. L’Organisation mondiale de la santé (OMS) a évalué à 20% les cas graves sur le total des cas testés positifs en février en Chine : 6,1% de cas critiques et 13,8% de cas sévères.

Tous les cas graves ne sont pas admis à l’hôpital : cela dépend de la sévérité des symptômes et de la disponibilité des lits. La grande majorité des cas graves sont des hommes : sur 2 621 malades admis au Royaume-Uni en soins intensifs au 3 avril, 73% sont des hommes.

Pourquoi ? Une piste avancée par le Pr Pierre Delobel, chef du service des maladies infectieuses au CHU de Toulouse est que les femmes bénéficient naturellement d’une meilleure immunité face aux virus.

Quels soins intensifs ?

Les soins intensifs et soins de réanimation (les deux catégories normalement distinctes tendent à se superposer durant l’épidémie) visent à suppléer la défaillance d’organes.

Dans le cas du Covid-19, les poumons sont l’organe qu’il faut assister en tout premier lieu : les malades souffrent d’une insuffisance respiratoire qui peut virer rapidement en un syndrome de détresse respiratoire aiguë (SDRA).

L’aggravation peut "se produire rapidement, entre le 8e et 10e jour de la maladie, souvent en quelques heures", explique à l’hebdomadaire Le Point, le Dr Albrice Levrat, chef du service de réanimation du centre hospitalier d’Annecy, hôpital qui a été au coeur du premier foyer de contamination en France en février.

Cette situation, où les poumons ne fournissent plus assez d’oxygène aux organes vitaux, nécessite généralement une ventilation artificielle avec l’utilisation de respirateur. Cette technique est lourde et invasive : elle nécessite d’endormir le patient, de l’intuber pour lui apporter mécaniquement de l’oxygène et de le changer régulièrement de position.

Durant ce temps, le malade reste dans un "coma artificiel". Seulement lorsqu’il va mieux, les sédatifs sont progressivement diminués jusqu’au retrait de la machine, explique Pr Bertrand Guidet, chef du service de réanimation à l’hôpital Saint-Antoine à Paris.

Avant le stade de la ventilation artificielle, deux autres techniques plus légères sont utilisées, généralement sans sédation, pour assister les poumons : la sonde nasale haut débit et le masque.

La technique avec masque dite de ventilation en pression positive continue (en anglais CPAP pour Continuous Positive Airway Pressure), bien moins contraignante pour le personnel hospitalier que la ventilation artificielle, est utilisée pour les malades du Covid-19.

Selon le Pr Derek Hill de l’University College de Londres, "des expériences en Italie et dans d’autres pays européens ont montré" que cette technique déjà couramment utilisée pour traiter le syndrome d’apnée du sommeil (SAS), "peut être efficace pour les patients de Covid-19, au moins au début".

Quelles perspectives ?

Les statistiques sont relativement sombres pour les malades de Covid-19 admis et traités en soins intensifs : des chiffres diffusés par l’organisation britannique indépendante Icnarc indique qu’à la date du 3 avril sur 690 patients "sortis" des unités de soins intensifs britanniques, 50% (346) sont décédés

Selon ces chiffres, la proportion de personnes qui meurent dans les unités de soins intensifs est fortement corrélée à l’âge : les plus de 70 ans décèdent dans 68,1% des cas, les 50–69 ans dans 45,8% des cas et les 16–49 ans dans 23,6%.

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