La Catalogne a dû faire “marche arrière”, se désole Cadena SER. Après quelques jours de valse-hésitation – fermera, fermera pas ? – le président de la communauté autonome, Quim Torra, a finalement tranché et renvoyé au confinement les habitants de la région de Lérida, à 150 km à l’ouest de Barcelone.

“Notre priorité et la vie et la santé des personnes, et nous prendrons toutes les décisions et mesures nécessaires”, a-t-il déclaré, selon la radio espagnole.

Deux semaines après avoir goûté à un progressif retour à la normale – dans un pays où le Covid-19 a fait officiellement plus de 28 000 morts – les 210 000 habitants de Lérida et ses alentours ne peuvent plus quitter la région, et personne ne peut y entrer, sauf pour une raison professionnelle ou exceptionnelle. Les réunions de plus de dix personnes sont à nouveau interdites.

“Des neuf clusters de coronavirus actuellement actifs en Catalogne, sept se trouvent à Lérida”, précise El Periódico. Une incidence du virus “très supérieure” au reste de la Catalogne, selon sa conseillère à la Santé. Alba Vergés.

Nouveaux clusters

Et parmi ces sept clusters, “au moins quatre ont été détectés dans exploitations de culture de fruits”, observe El País. “La crise à Lérida n’est pas seulement sanitaire, elle a aussi une forte composante sociale”, déclare Mme Vergés, “faisant implicitement référence au lien entre l’augmentation des contaminations et la présence de saisonniers pour le ramassage des fruits”, selon le quotidien.

El Mundo rapporte que le maire de Lérida “a reconnu samedi qu’il y avait encore des saisonniers qui dormaient dehors, malgré l’hébergement de 246 d’entre eux dans des foyers”. Le syndicat UGT a dénoncé “l’inefficacité” des autorités catalanes dans ce domaine : “Tout le monde a le droit de venir travailler à Lérida, mais l’administration doit prendre les mesures adéquates pour veiller à la santé et la sécurité de ces personnes”.

La région de Lérida est “le deuxième territoire espagnol à devoir faire marche arrière depuis le déconfinement”, après la région voisine de Huesca, dans l’Aragon, partiellement reconfinée fin juin, rappelle la RTVE.

De façon générale, l’apparition de nouveaux foyers de contamination “est l’une des grandes préoccupations en Espagne”, depuis le déconfinement et “l’entrée dans la ‘nouvelle normalité’, relève La Vanguardia.

Il y a actuellement “69 clusters, dont 44 toujours actifs” dans le pays, détaille le quotidien catalan. “Les plus préoccupants sont ceux détectés en Catalogne et dans l’Aragon”, mais toutes les communautés autonomes du pays – à l’exception des Asturies et de La Rioja, et des enclaves nord-africaines de Ceuta et Melilla – affichent aujourd’hui de nouveaux clusters.

Madrid, l’un des deux épicentres de l’épidémie dans le pays, avec Barcelone, avait signalé vendredi l’apparition d’un foyer de contamination de cinq personnes dans une entreprise – le premier dans la ville depuis le déconfinement, hors maisons de retraite. Il serait “sous contrôle”, selon le quotidien ABC, citant les autorités sanitaires. Ces dernières appellent néanmoins à la “vigilance”.