France

Covid-19 : les hôpitaux se préparent à déprogrammer des opérations

Le scénario se répète. Comme au printemps dernier, des hôpitaux déprogramment des opérations « non urgentes » pour pouvoir faire face à l’afflux de malades du Covid-19. Mais de quel type d’opérations parle-t-on ? « Cela peut-être un ongle incarné comme l’opération d’une tumeur du poumon », répond le docteur Idris Amrouche, médecin anesthésiste-réanimateur, dans un hôpital en Bourgogne-Franche-Comté, de nouveau en tension.

Beaucoup de chirurgies oncologiques ont en effet été annulées lors de la première vague et certaines risquent de l’être une deuxième fois au regard de l’évolution de la situation sanitaire. Car le retard pris sur le planning des interventions chirurgicales n’a pas pu être rattrapé dans tous les hôpitaux.

Les raisons sont toujours les mêmes. Certaines opérations lourdes nécessitent un passage en réanimation, or les services n’ont pas assez de place pour accueillir tous les malades. Les hôpitaux manquent également de médicaments d’anesthésie, utilisés pour les opérations comme pour les malades du Covid-19 en réanimation.

Une attente très difficile à vivre pour les patients

Pour beaucoup de patients, cette attente est très difficile à vivre. Contrairement à ce qu’on peut penser, « il y a rarement urgence à opérer une tumeur pulmonaire, décrit le médecin, membre de la Société française d’anesthésie réanimation (SFAR). Elle se développe la plupart du temps à bas bruit, contrairement aux tumeurs digestives. En revanche, pour le patient, ça veut dire que l’on prolonge les séances de chimiothérapie jusqu’à ce qu’on puisse enlever la tumeur. »

Aux effets secondaires du traitement, s’ajoutent alors du stress et de l’incompréhension. « Pour le patient, c’est une attente impossible, car on lui a dit que cette opération allait le guérir, déplore Idris Amrouche. La crise du Covid, nous a montré que la relation au patient était primordiale. »

Déprogrammer une opération plutôt qu’une autre n’est donc jamais anodin pour ce médecin, qui précise que, pour l’instant, « la cancérologie est encore maintenue au maximum » : « Il y a une dimension éthique dans les choix que nous sommes contraints de faire aujourd’hui, poursuit-il. Même si les médecins doivent composer avec les moyens dont ils disposent, cette dimension ne doit jamais être occultée. »

Le risque que des patients disparaissent des radars

Il craint notamment que certains patients disparaissent des radars, avant même d’avoir débuté leur parcours de soins. Souvent, le diagnostic du cancer passe en effet par un prélèvement pendant lequel le patient est endormi. Or la chirurgie diagnostique est elle aussi concernée par les déprogrammations. « On peut facilement imaginer le stress ressenti par un patient à qui l’on dirait “vous avez peut-être un cancer, mais on ne peut pas faire la biopsie qui permettrait d’en être sûr” », raconte ce médecin.

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Pendant le confinement, ce sont souvent les patients qui venaient pour un diagnostic qui ont annulé, d’eux-mêmes, leur rendez-vous. Par peur de se rendre à l’hôpital mais aussi parce que l’annonce de la maladie est souvent traumatisante. « La plupart des patients, et c’est valable pour toutes les pathologies chroniques, ne s’estiment pas malades tant que le diagnostic n’est pas clairement posé », explique l’anesthésiste-réanimateur.

Rassurer les patients

Après plusieurs mois d’attente, certains patients viennent tout juste d’avoir une nouvelle date d’opération. Dès lors, voir ou revoir l’anesthésiste en consultation, préalable au passage au bloc, est plutôt bon signe. « Même si à cause de la situation sanitaire, il y a toujours un doute qui plane », nuance Idris Amrouche.

Faute de réponse définitive à leur apporter, le médecin essaye de rassurer ses patients, « de faire preuve d’empathie. Je leur dis que je comprends la situation dans laquelle ils sont, mais que je ne peux pas faire grand-chose d’autre », reconnaît-il.

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