France

Covid-19 : ma sœur la Vie

Nous voilà de nouveau au cœur d’une crise sanitaire sans précédent, pas même celle du printemps. Car au printemps, nous ne savions pas – nous n’avions pour anticiper sur ce qui nous attendait que les images chinoises et les désespoirs italiens. Le virus était un inconnu. Nous ignorions l’incubation, les modes de contagion, les gestes qui soulagent.

Mais nous avions pris les mesures qui s’imposaient le plus tôt possible, même si nous n’avions pas toutes les armes pour le faire – les masques, les tests, les gels, les gants de latex. Tout manquait, mais il nous restait le courage et la volonté de nous battre, de faire corps – déjà avec le personnel soignant qu’on voyait exténué, et certains en sont morts ; tout autant avec ces gens simples qu’on considère si peu en temps normal – tous ces petits métiers qui assurent et maintiennent les contacts sans quoi la société ne fonctionne pas.

Mais pour cette nouvelle vague nous étions prévenus. Nous savions que le virus était toujours bien présent. Nous étions au courant des causes, des effets, et des complications terribles qu’il inflige à l’organisme. Nous avions vu les souffrances des infirmières et infirmiers, des médecins, des caissières, des pompiers, des livreurs, des routiers – je ne saurais tous les citer. Nous étions au fait du chaos économique que les plus modestes et aussi les commerçants déjà fortement touchés par la crise des gilets jaunes ont subi.

Nous savions tout cela, et pourtant nous n’avons rien fait pour l’éviter, ou plutôt : nous avons fait tout ce qui ne pouvait que provoquer cette terrible rechute. On a vu des populations entières s’agglutiner sur les quais ou dans les parcs, sans protection, sans distance, sans geste barrière. On a vu une large partie des citadins marcher dans la rue sans masque, ou le masque sur le menton, ou en cache-nez. Des joggeurs s’en passer parce qu’ils respiraient mal en courant – et dès lors, exhaler leurs postillons à des périmètres excédant largement le mètre cinquante requis.

Mais renoncerait-on à se maintenir en forme au prétexte qu’on met la vie d’autrui en danger ? On a même vu une nouvelle catégorie d’objecteurs de conscience, non pas offusqués qu’on ne protège pas ses frères humains, mais ulcérés par les atteintes à leur liberté individuelle, compromise dans son essence par le port du masque. Mais qui leur a fait remarquer que mettre en danger la vie d’autrui, en refusant le port du masque, n’entrait pas dans la catégorie des libertés et des droits qu’elle entraîne ?

→ ANALYSE. Deuxième vague, comment en est-on arrivé là ?

Nous savions ce que ces comportements allaient entraîner, et que, de nouveau, nous verrions apparaître le sombre décompte des morts. Et tout cela m’inspire la plus immense stupéfaction. Et je m’interroge : quel crédit accordons-nous donc à la vie ? Comment en sommes-nous arrivés à n’être plus capables de la penser ?

Penser la vie, dans ce qu’elle signifie en vérité, dans ce qu’elle porte en elle d’éternité et dès lors d’Espérance. Comment pouvons-nous la reléguer au cadet de nos soucis de façon aussi sinistre, en la mettant en balance avec notre petit plaisir individuel, ou la peser à l’aune d’enjeux économiques et politiques, alors qu’elle est la chose la plus merveilleuse que nous ayons reçue, et que nous pourrons jamais recevoir ?

Par quelle aberration conspirons-nous en permanence à abîmer ce qui nous est donné dans la grâce, la joie et l’abondance ? Comment notre époque, bouleversée jusqu’à l’absurde, oublie-t-elle qu’il n’y a que la vie qui compte, elle qu’il faut sauver, elle à quoi rien ne peut être opposé ? La vie, dans toutes ses chatoyantes métamorphoses, à qui Henri ­Bergson donne le nom de Dieu – « Vie incessante, action, liberté ». (1)

Nous allons bientôt célébrer la fête de tous les saints. Nous avons tous notre patron, à qui nos parents nous ont confiés en nous donnant un nom, ou celui que nous avons choisi dans le secret de nos oraisons. C’est vers eux qu’il faut se tourner aujourd’hui, et prier de nous éclairer de leur exemple. Car s’ils ont pris des chemins différents pour répondre à l’appel de l’Amour, ils ont tous célébré la vie, en la protégeant quoi qu’il en coûte – jusqu’à leur propre vie. Leur action ni leur mystique ne se sont dissociées de la conscience qu’ils avaient d’elle, touchant par là même son bouleversant mystère. Ils n’ont jamais cessé de la contempler pour approfondir le sens que nous voulons lui trouver et dont ils ont fait leur vocation.

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En cette Toussaint, nous qui partageons ensemble le miracle d’être vivants, demandons aux saints de nous ouvrir les yeux pour, de nouveau, sanctifier la vie – ne plus la mépriser, ni la détruire, ni la maudire. C’est dans cette expérience que nous pourrons vaincre – ou du moins maîtriser – l’épidémie. Et ainsi, sauver des vies.

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