France

Covid-19 : « On était pris dans la croyance de la non-efficacité des masques dans la population générale »

Le port du masque est-il, oui ou non, utile pour le grand public ? Voilà certainement la question qui, après l’épidémie de Covid-19, laissera le plus de fractures entre une bonne partie de la population et les autorités politiques et sanitaires. Et fort logiquement, la commission d’enquête de l’Assemblée nationale se fait l’écho des interrogations du public.

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Mardi 16 juin, les députés ont longuement demandé à Jérôme Salomon pourquoi, en février et en mars, il déconseillait le port du masque dans la population avant de préconiser son usage en avril. Le directeur général de la santé a répondu qu’il avait alors suivi les préconisations de la majorité des experts, y compris ceux de l’Organisation mondiale de la santé (OMS).

Le masque était-il efficace dans la population générale ?

Mercredi 17 juin, c’est cette fois le professeur François Bourdillon qui est soumis aux mêmes questions. Et l’ancien directeur général de Santé publique France adopte, lui, une position un peu détonante, en critiquant cette position assez largement unanime des experts, durant les premières semaines de la crise, contre le port du masque en population générale.

« Comme toujours en santé publique, il y a ceux qui sont rivés sur «l’evidence based medicine» (médecine fondée sur les preuves, NDLR). Lorsqu’ils font une évaluation des masques, ils vous disent : c’est conforme ou pas conforme, c’est efficace/pas efficace au regard des normes. Et puis, il y a les «santé publique» de terrain, qui ont une longue expérience, qui ont connu le sida et qui disent : même si c’est efficace partiellement, lorsqu’il y a énormément de gens qui se contaminent, cela peut être efficace. Cela s’appelle la réduction des risques… »

François Bourdillon a été directeur général de Santé publique France d’avril 2016 à juin 2019. Il a donc été aux avant-postes lors de cette rentrée 2018 qui suscite également de nombreuses interrogations chez les députés.

Le premier acte, alors, se joue en septembre. Le professeur Salomon reçoit une note sur un rapport d’experts mis en place par Santé publique France et présidé par le professeur Jean-Paul Stahl, infectiologue du CHU de Grenoble. Ces experts préconisent de doter la population française d’un milliard de masques en cas de pandémie grippale. En octobre, ce même professeur Salomon apprend que plus des deux tiers des 700 millions de masques, alors stockés par l’État, sont périmés et doivent être détruits. Mais alors que le stock tricolore a fondu comme neige au soleil et que les experts plaident pour un milliard de masques, le professeur Salomon, en accord avec le ministère de la santé, ne commande en octobre 2018 que 100 millions de masques.

Un stock « tampon » ou « tournant »

Pourquoi une quantité aussi peu importante ? Face aux députés, le professeur Salomon a expliqué qu’à l’époque, tout le monde souhaitait en finir avec la constitution d’un stock massif de masques, qui seraient tous périmés en même temps quelques années plus tard. La décision avait alors été prise de constituer un stock « tampon » ou « tournant » ayant vocation à être très vite reconstitué en cas de pandémie.

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Mais François Bourdillon avance une autre explication à cette faible commande d’octobre 2018. « Il y avait plein de personnes qui considéraient que le masque n’était pas efficace en population générale, explique-t-il. Et ceci est probablement une des explications au fait qu’on n’a alors pas reconstitué ce milliard de masques (…) On était pris dans la croyance de la non-efficacité des masques dans la population générale. »

L’audition très attendue d’Agnès Buzyn

Le ministère de la santé, alors dirigé par Agnès Buzyn, a-t-il choisi de ne constituer qu’un stock minimal de 100 millions masques car il jugeait que ce moyen de protection ne serait d’aucune utilité pour la population en cas de pandémie ? L’accusation est évidemment sérieuse. Et nul doute que l’ancienne ministre tiendra à répondre aux députés, tout comme Jérôme Salomon qui devrait être invité à revenir s’expliquer devant la commission d’enquête. On peut supposer que l’un comme l’autre pourront rappeler qu’à l’automne 2018, Santé publique France, alors dirigé par François Bourdillon, avait plutôt validé la stratégie du stock-tampon.

Il convient aussi de préciser que le rapport du professeur Stahl préconisait certes un stock d’un milliard, mais sans pour autant recommander le port du masque par toute la population en cas de pandémie. « Peu d’éléments factuels permettent d’affirmer que le masque est une protection très efficace dans la communauté », soulignait ce rapport, tout en préconisant le port d’un masque uniquement pour les personnes malades et leur entourage. Soit au final les mêmes préconisations que celles adoptées par les autorités sanitaires au début de cette crise du Covid-19.

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