France

Déconfinement : chômage partiel, une sortie délicate

« Une amorce de décrue. » Non, Muriel Pénicaud ne parle pas de l’état des fleuves français après les orages, mais du chômage partiel. Ce dispositif, largement assoupli par le gouvernement face à l’épidémie de coronavirus, a atteint un palier estime la ministre du travail.

→ DÉBAT. Faut-il durcir les conditions de l’activité partielle ?

La semaine dernière, 300 000 nouveaux salariés étaient concernés par une demande d’activité partielle, contre 700 000 la semaine précédente, pour arriver à un total de plus de 12 millions. La fin du confinement et la réouverture progressive des commerces permettent d’entrevoir le début de la reprise. Les entreprises déposent donc moins de dossiers.

La lourde facture du chômage partiel

Soulagement pour les finances publiques, car avec plus d’un salarié sur deux concernés, le chômage partiel plombe les comptes de l’État. Au début de la crise, le gouvernement avait provisionné 8,5 milliards d’euros pour ce dispositif. Une enveloppe revue à 24 milliards dans un second projet de loi de finances. Mais à droite, certains spécialistes, comme l’ancien ministre du travail Éric Woerth, s’alarment d’une facture bien supérieure, autour de 50 milliards d’euros.

En réalité, impossible de dire combien coûtera au final l’activité partielle, nom officiel du chômage partiel. Les entreprises déposent en effet des dossiers pour couvrir leurs salariés en cas de besoin, et ne demandent ensuite un remboursement que pour les heures effectivement chômées. En mars par exemple, seulement la moitié des salariés couverts par une demande avaient été finalement en activité partielle.

Le besoin de relancer la production et la consommation

Reste que le budget de l’État ne peut pas durablement se substituer aux services de paie. Muriel Pénicaud l’avait rappelé la semaine dernière sur LCI : « Aujourd’hui, les conditions de la reprise sont là. Donc il n’y a pas tellement de raisons que ce soit l’État qui continue à payer l’intégralité des salaires de 12 millions de salariés en France. »

Même sans considérer le coût, la relance économique a besoin d’une sortie du chômage partiel, estiment les économistes. « Il y a un redémarrage de l’économie française et je souhaite qu’il s’accélère pour que nous puissions recréer de la richesse », a confirmé le ministre de l’économie Bruno Le Maire, interrogé par France Info.

→ ENQUÊTE Comment accélérer la relance économique

La « réembauche » des salariés arrêtés permettra à la fois de faire repartir la production mais aussi la consommation (lire La Croix du 17 mai). Car en chômage partiel, seul 84 % du revenu net est maintenu, même si certaines entreprises complètent ce minimum. Les salariés incertains de leur avenir et avec un revenu amoindri ont préféré mettre de côté, ce qui limite la relance.

Éviter un effet « couperet »

Pour inciter les entreprises à la reprise, le gouvernement souhaite donc réduire les largesses du chômage partiel à compter du 1er juin. Le mécanisme doit « évoluer de façon progressive », selon les termes de Muriel Pénicaud, qui souhaite éviter le « couperet ». Après avoir permis d’éviter une hausse monumentale du chômage, la fin progressive du mécanisme demande un travail chirurgical.

Ces dernières semaines, la mise en redressement judiciaire de plusieurs grandes enseignes comme Alinéa, André ou Naf-Naf, qui emploient des centaines de personnes, et les pépins qu’évoquent les petits patrons apportent de l’eau au moulin des plus pessimistes. Malgré le plan de soutien massif, certains économistes craignent des défaillances d’entreprises en cascade et un chômage accru.

Le gouvernement, de son côté, préfère mettre en avant les bons chiffres de la relance. 400 000 commerces ont rouvert leurs portes la semaine passée, avec de longues files de clients contents de pouvoir enfin sortir. Dans le bâtiment, « symbole du redémarrage économique français », 72 % des chantiers ont repris. L’industrie tourne en moyenne à 60 %, bien qu’il existe de grandes disparités selon les entreprises.

Le tourisme et l’hôtellerie-restauration à part

« On est sur la voie de la reprise, il faut l’encourager et l’accélérer », estimait Muriel Pénicaud il y a quelques jours. « Maintenir 100 % de prise en charge du chômage partiel pour les entreprises par l’État, ce n’est pas une situation souhaitable sur le long terme », a abondé Bruno Le Maire en début de semaine. Le plan de désengagement doit être présenté dans les prochains jours.

L’État devrait prendre légèrement moins en charge le salaire des employés au chômage partiel. Charge alors aux entreprises de compléter avec leurs fonds propres. Patronat et syndicats s’inquiètent de cette évolution. Ils estiment que si les entreprises doivent verser des salaires trop tôt, avant d’avoir pu retrouver des recettes, elles seront tentées de licencier.

Car, même si le déluge est passé, refermer brutalement le parapluie poserait problème pour ceux dont la toiture reste trouée et perméables aux petites averses. Le secteur du tourisme, celui de l’hôtellerie-restauration et tous ceux dont l’arrêt a été décidé directement par l’État vont par exemple continuer à bénéficier d’un chômage partiel entièrement pris en charge jusqu’à fin septembre.

Football news:

Le directeur sportif du Bayer Feller à propos de Havertz: nous sommes d'accord: s'il réussit, il pourra partir cet été
Havbeck Roma underspoon a négocié avec Napoli un contrat de 5 ans pour 3,5 millions d'euros par an
Baroche mettra fin à sa carrière à la fin de la saison
Pogba et brunu se sont blessés en s'affrontant à l'entraînement. Le jeu de Bournemouth en question (Daily Mail)
L'ex-président du Barça Gaspard: Messi a encore quelques années pour être le meilleur joueur du monde
Morata a réalisé un doublé pour l'Atlético pour la première fois depuis mars dernier
Rummenigge à propos de Thiago: il n'y a pas eu de Contact avec Liverpool, mais il veut quelque chose de nouveau