France

Défiscalisation : et si vous investissiez dans la… forêt ?

Peu connu, le Groupement foncier forestier permet une réduction d’impôt sur le revenu de 18 %.

Eh oui, pour défiscaliser, on peut aussi investir dans de la forêt. Ou plutôt dans des parcelles de forêts, réparties sur tout le territoire national. C’est beaucoup moins connu que les autres produits, notamment ceux du secteur immobilier, mais ça reste loin d’être inintéressant.

1. Comment investir ?

On appelle cela l’investissement en Groupement foncier forestier (GFF). "En fait, il s’agit d’une société civile à vocation forestière. Comme pour l’immobilier. C’est donc un produit collectif", précise Arnaud Filhol, directeur général de France Valley, société de gestion de portefeuilles sur l’investissement foncier, premier investisseur français en forêts.

Le principe est simple : l’investisseur achète des parts d’une société civile qui détient des parcelles de forêts sur le territoire national.

"Ces sociétés civiles ont pour objet exclusif la constitution, l’amélioration, l’équipement, la conservation d’un ou plusieurs massifs forestiers, ainsi que l’acquisition de forêts ou de terrains à boiser. En ce sens, c’est une démarche écoresponsable", ajoute Olivier Grenon-Andrieu, président du groupe montpelliérain Equance.

2. Quels avantages fiscaux ?

"Les souscripteurs bénéficient d’une réduction d’impôt sur le revenu de 18 % de leur investissement, avec une limite de 50 000 ", détaille Jean-François Fourcade, conseiller en gestion de patrimoine chez Meilleurplacement.com. Et "contrairement aux autres placements immobiliers, le GFF est exonéré de l’impôt sur la fortune immobilière, l’IFI". En fait, ajoute Olivier Grenon-Andrieu, "outre les 18 % de réduction d’impôt, pour ceux soumis à l’IFI, les parts ne sont pas à déclarer si l’on détient moins de 10 % des parts du groupement ". À noter encore que lors de la transmission, "un abattement sur la valeur des forêts de 75 % est accordé sur les donations ou successions".

3. Quelle rentabilité ?

Autant le préciser, elle n’est pas très élevée. "Il est modeste, autour de 1 % net en moyenne", note Arnaud Filhol. Normal : "On ne peut pas couper tous les ans dans la forêt, sinon il n’en existerait plus." Il fait néanmoins observer que "la valeur de la forêt française a, sur les 20 dernières années, gagné en moyenne 3 % chaque année". Elle devrait continuer à croître : "Il y a très peu de forêts en vente, ça maintient les prix hauts, et, de plus, on utilise de plus en plus de bois dans la construction. Ce qui valorise les forêts." Enfin, l’investissement est très peu fiscalisé : "La taxation varie entre 4 et 6 %." Il s’agit donc d’un "placement plutôt sur le long terme", insiste Olivier Grenon-Andrieu.

4. Quel ticket d’entrée ?

Jusqu’à l’année dernière, la mise minimale, autrement dit le ticket d’entrée, était de 5 000 €.

"Mais à compter de cette année, il est ramené à 1 000 €, sans aucun frais d’entrée. Ce qui permet à n’importe qui d’investir", glisse Jean-François Fourcade. "Les gens qui investissent plusieurs millions d’euros sont des personnes qui très souvent préparent une succession ou choisissent de diversifier leur portefeuille dans le cadre d’un patrimoine déjà bien étoffé", complète Arnaud Filhol. Enfin, ultime avantage, le groupement foncier forestier est "décorrélé des marchés financiers". Ce qui peut rassurer ceux qui ne veulent pas prendre trop de risques sur leur investissement.