France

« Devenir “écovégétarien” offre l’espoir d’être plus en harmonie avec le monde vivant »

Afin de favoriser une alimentation plus écologique et responsable, mais aussi plus saine, le nutritionniste Christian Rémésy propose, dans une tribune au « Monde », de réduire à 15 % la part de calories animales et de diversifier notre consommation de produits végétaux.

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« Une attitude responsable devrait donc nous conduire à diminuer d’environ de moitié notre consommation de produits animaux pour que la part des calories animales dans nos assiettes passe de 30 % à 15 % des calories totales. » Ingram / Photononstop

Tribune. A l’heure de la crise écologique, nous avons pris conscience maintenant que notre manière de manger n’est pas neutre, qu’elle peut participer à l’aggravation du réchauffement climatique et à l’érosion de la biodiversité, ou à l’inverse, contribuer à réduire les émissions de gaz à effet de serre et préserver l’environnement naturel. Nos modes alimentaires ont donc des conséquences sur notre santé mais aussi sur celle de la planète. Nous devons apprendre en particulier à limiter la part des calories animales dans nos régimes, puisque l’élevage est responsable de la moitié des émissions de gaz à effet de serre de la chaîne alimentaire, qui représente à elle seule environ 30 % des émissions totales.

Grosso modo, une attitude responsable devrait donc nous conduire à diminuer d’environ de moitié notre consommation de produits animaux pour que la part des calories animales dans nos assiettes passe de 30 % à 15 % des calories totales. Il s’agit là d’une mesure d’intérêt général, au même titre que les autres économies d’énergie, avec une portée encore plus grande puisqu’elle est bénéfique pour la santé humaine. Par conséquent notre alimentation doit devenir très majoritairement végétarienne, sauf qu’il n’existe pas de terme pour qualifier ce comportement écologique et préventif.

Dépasser les anciens clivages

Culturellement, nous avons développé un clivage entre végétarien et non végétarien, centré sur la consommation de viandes, sauf que l’urgence climatique exige plutôt de faire la part entre calories d’origine animale ou végétale. La nécessité de lutter contre les anciens clivages commence à être dénoncée et certains se qualifient maintenant de flexitarien pour signifier qu’ils sont des mangeurs occasionnels de viandes. Nous aurions besoin d’un mot plus signifiant, d’un autre néologisme auquel chacun pourrait se référer pour qualifier l’évolution de son comportement alimentaire vers un régime plus durable. Ce qualificatif, est celui d’« écovégétarien », que je vous invite à adopter dans la vie de tous les jours.

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Ce n’est pas un simple élément de langage, il nous faut de nouveaux repères pour guider nos choix alimentaires. De plus le terme « écovégétarien » que je propose dépasse les anciens clivages avec les non végétariens, puisqu’il définit l’étendue du comportement alimentaire nouveau que nous devrions adopter pour faire face à la situation actuelle, bien au-delà de la seule question de la consommation de viandes. Voici qu’elles pourraient en être les caractéristiques principales.

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