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Dominic Cummings, le bras droit de Boris Johnson, sur la sellette

Ah ! Dominic Cummings ! Avec ses yeux pétillants de malice, constamment en alerte, ses lunettes rondes, son sourire figé en lame de rasoir sur un visage aux traits fins, le responsable de la stratégie du 10 Downing Street est de ces êtres qu'on dirait venu d'une autre planète. Ce quadra sans charisme ni humour est aujourd'hui le principal conseiller de Boris Johnson. Nul n'est plus proche de « BoJo » que le copilote du « Dix ». Ce libertaire dans l'âme détient plus de puissance réelle que les membres du gouvernement.

Pour la première fois, le gantelet de Cummings se referme sur le vide. En effet, le conseiller a été pris en flagrant délit de violation du confinement en vigueur au Royaume-Uni depuis le 23 mars. « Dom », qui a été contaminé par le coronavirus à l'instar de son épouse, s'est rendu chez ses parents à Durham (nord de l'Angleterre), à trois heures de voiture de Londres, pour se rétablir et pour qu'ils s'occupent de son fils. L'intéressé a été dénoncé à la police par un voisin qui l'avait aperçu en train de danser dans le jardin sur Dancing Queen d'Abba !

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Sur la sellette

L'affaire fait grand bruit. Les appels se multiplient au sein de la majorité pour que le Premier ministre se débarrasse de son âme damnée. Cummings, qui n'a cessé de combattre les privilèges des élites contre le peuple et l'intérêt général, est accusé de se comporter en diva hypocrite et égoïste au-dessus des lois. De plus, les parents septuagénaires, donc vulnérables, étaient censés être en confinement absolu.

Par ailleurs, le chef du conseil scientifique pour les situations d'urgence, Neil Ferguson, avait été contraint de démissionner après que sa maîtresse lui avait rendu visite à plusieurs reprises. La responsable des services médicaux en Écosse avait elle aussi dû quitter son poste après s'être rendue chez ses parents en dépit du confinement.

Jusqu'à présent, Cummings a préféré ignorer avec un mépris souverain les révélations publiées samedi par le Guardian et le Daily Mirror, deux quotidiens d'opposition qu'il déteste. Reste que les jours du sabreur maussade paraissent comptés. C'est en effet toute la stratégie de lutte contre le coronavirus de Boris Johnson qui est menacée par le scandale.

Ratés gouvernementaux

Depuis sa sortie, le 12 avril, de l'hôpital, le Premier ministre donne l'impression de naviguer à vue face au Covid-19 alors que le bilan des morts est le plus élevé d'Europe.

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Les ratés de l'action gouvernementale se multiplient. Le dernier en date est la décision du ministre de l'intérieur, Priti Patel, d'imposer une quarantaine stricte pour toutes les arrivées sur le territoire britannique en vue d'empêcher une seconde vague de l'épidémie. La décision, mal ficelée et jugée trop tardive, imposée par Johnson contre l'avis de ses principaux ministres, a provoqué une levée de boucliers des milieux d'affaires. En outre, cette quarantaine contrevient au principe sacro-saint des brexiteurs du Global Britain : nation ouverte sur le monde.

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Par ailleurs, le blocage des négociations sur le Brexit entre Londres et Bruxelles laisse présager une sortie au 31 décembre sans accord, aux conséquences économiques catastrophiques. Sous l'influence de Cummings, partisan pur et dur d'un départ brutal, le chef du gouvernement rejette pour l'instant toute extension de la période de transition réclamée par les patrons comme par les syndicats.

Conforté, renforcé et légitimité par son triomphe électoral du 12 décembre, l'hôte du 10 Downing Street semble aux abonnés absents à l'épreuve du pouvoir. Il laisse à une dizaine de conseillers issus de la campagne du référendum européen de 2016 le soin de faire tourner la lourde machine gouvernementale en court-circuitant les ministres. Le mode opératoire johnsonien, qui avait fait merveille à la mairie de Londres entre 2008 et 2016, montre désormais ses limites face au coronavirus.

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