France

Drame en Méditerranée : pourquoi la situation s'est-elle aggravée en Tunisie ?

Le week-end a été meurtrier en Méditerranée avec le naufrage et la mort d'une soixantaine de migrants. Ce qui était très frappant, c'est que les victimes d'habitude sont érythréennes ou soudanaises, des réfugiés de guerre pour beaucoup. Là, la majorité sont tunisiennes. La situation est-elle si grave en Tunisie ?

Ces Tunisiens sont aujourd'hui, et ça effectivement c'est nouveau, les plus nombreux parmi les migrants qui accostent sur les côtes italiennes : quasiment 2.000 depuis le début de l'année, c'est la nationalité la plus représentée alors que l'an dernier c'était la huitième. Jusque-là, effectivement, en majorité, les migrants venaient plutôt d'Afrique subsaharienne. Leur nombre augmente de jour en jour avec déjà 45 morts à l'automne dernier dans un autre naufrage, 101 rescapés d'un autre en mars. On parle d'une immigration 100% économique, beaucoup de jeunes de moins de 30 ans partent en quête d'un emploi d'une vie meilleure, ce qui témoigne de l'effondrement de l'économie tunisienne.

Sept ans après la révolution de jasmin, le pays peine à trouver une stabilité avec une croissance faible, un chômage très fort (30% chez les jeunes) et l'inflation qui étrangle les plus modestes. Les prix ont augmenté de quasiment 9% en un an et en ce moment, avec le ramadan, il y a beaucoup de Tunisiens qui ne parviennent pas à se procurer tous les produits nécessaires pour cuisiner. La viande est devenue hors de prix alors la grogne sociale monte, il y a eu ces derniers mois des manifestations contre la vie chère.

Sept ans après, plus personne ne croit au bénéfice de la Révolution ?

C'est même un désenchantement total, la démocratie est revenue mais les Tunisiens ne se précipitent même pas vers les urnes : le mois dernier on votait pour les toutes premières municipales organisés depuis la Révolution de 2011 et bien seul un électeur sur trois s'est déplacé. On lit dans les journaux tunisiens les témoignages de ces jeunes qui ont cru en la Révolution mais qui ne placent plus aucun espoir dans la politique, ils ne se voient plus d'avenir dans leur pays, même libéré. Plus de 100.000 jeunes décrochent du système scolaire chaque année. Quand un institut a posé la question au 18-34 ans en Tunisie, 55 % répondent qu'ils ont l'intention de quitter le pays même de façon illégale, même au risque de perdre la vie sur ses canaux de fortune. C'est ce qui s'est passé malheureusement ce week-end, avec une soixantaine de morts.

En Thaïlande, le clergé bouddhiste se trouve au cœur d'un scandale sans précédent. C'est la première religion du pays et les moines sont accusés de détournement d'argent public.

C'est une opération bien rodée qui durait depuis des années. Les monastères recevaient de l'argent du gouvernement pour restaurer des bâtiments ou développer des programmes d'éducation religieuse, sauf que ces programmes n'avaient jamais lieu et que l'essentiel de l'argent était renvoyé vers des fonctionnaires corrompus. Une autre partie de l'argent se retrouvait dans des propriétés ou des voitures au nom des moines et de leur famille. On parle tout de même d'un budget de 110 millions d'euros annuel. 

A-t-on déjà vu ça ?

C'est vrai qu'on avait déjà vu des arrestations de moines, mais la purge n'avait jamais atteint cette ampleur puisqu'on parle d'une dizaine de religieux sous les verrous depuis début mai. Surtout, on n'avait jamais vu de moines aussi célèbres, aussi haut placés avec trois membres du bureau de la Sangha, c'est-à-dire l'autorité boutique suprême en Thaïlande, un petit peu l'équivalent du Vatican pour les catholiques. Des figures parmi ces moines arrêtés.

Pourquoi la justice s'en mêle-t-elle maintenant ?

Parce qu'il faut comprendre qu'en Thaïlande, les moines les plus influents sont aussi très liés aux politiciens et donc derrière ces arrestations il faut voir des luttes politiques, chaque parti essayant d'affaiblir celui d'en face en faisant arrêter son moine fétiche. D'ailleurs parmi les moines empoisonnés figure un très proche de la junte militaire et le gouvernement cherche aussi à montrer qu'il prend enfin le problème de la corruption du clergé au sérieux, une promesse de longue date. En fait, chacun cherche à placer ses pions dans une période où le pays est censé préparer l'organisation d'élections l'an prochain après quatre ans de dictature militaire.

Ce 4 juin est aussi synonyme d'anniversaire.

Le 4 juin 1989, il y a 29 ans, c'était le massacre de la place Tian'anmen avec une image qui va rester dans l'Histoire : ce manifestant debout, seul, face à une colonne de tanks. Pour marquer l'anniversaire et continuer de protester contre la censure du régime, un caricaturiste chinois a lancé un mouvement sur les réseaux sociaux : les internautes se réapproprient cette image et rejouent la scène avec la même chemise blanche et le même sac à la main, debout face à l'objectif, partout dans le monde. Avec un mot-clé : #TankMan2018.

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