France

Eolien terrestre : sous la pression des élus ruraux, Macron change de cap

Le gouvernement veut durcir les conditions d’attribution de parcs pour améliorer leur acceptabilité.

Par Nabil Wakim

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Les éoliennes de l’Ecoparc Catalan, à Pézilla La Rivière, dans les Pyrénées-Orientales, le 22 février. JEAN-CHRISTOPHE MILHET POUR « LE MONDE »

Un vent mauvais souffle-t-il sur l’éolien terrestre ? Après avoir encouragé pendant deux ans son développement, l’exécutif amorce un changement de cap qui ravit les opposants et provoque l’inquiétude de la filière.

C’est Emmanuel Macron lui-même qui a planté la première graine de cette nouvelle donne, mi-janvier, à Pau. Lors d’une table ronde sur le thème de « l’écologie dans nos territoires », le président de la République avait appelé à être « lucide » en affirmant que « la capacité à développer massivement l’éolien est réduite ». « Le consensus sur l’éolien est en train de nettement s’affaiblir dans notre pays », expliquait-il avant d’ajouter que « de plus en plus de gens, ne veulent plus voir d’éolien près de chez eux, considèrent que leur paysage est dégradé ».

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Quelques jours plus tard, dans un entretien au Monde, Elisabeth Borne, la ministre de la transition écologique et solidaire, soulignait que « le développement de l’éolien est très mal réparti en France ». « Cela s’est fait de façon anarchique et on a des territoires dans lesquels il y a une saturation, y compris visuelle », soulignait la ministre, rompant ainsi avec le discours très enthousiaste sur l’éolien de ses prédécesseurs. En février, auditionnée au Sénat, elle précise sa pensée, dénonçant la « covisibilité avec des monuments historiques » et « une situation d’encerclement autour de certains bourgs qui est absolument insupportable », plaidant pour un « développement harmonieux ».

« Inflexion politique »

« Le message des anti-éolien a été entendu par le chef de l’Etat, il a reçu beaucoup de messages à ce sujet, il faut qu’on soit vigilant », décrypte une source élyséenne, qui souligne que la relation avec les Français ruraux est une priorité de la deuxième partie du mandat, et résume : « Emmanuel Macron ne veut pas pourrir la vie de nos concitoyens, il sent que ça monte en milieu rural. »

« Le président veut changer de politique. Il a pris conscience qu’il ne pouvait pas avoir l’image de celui qui a détruit les paysages de la France », se réjouit Jean-Louis Butré, président de la Fédération environnement durable (FED), l’une des principales associations anti-éolien. Mais M. Butré reste prudent sur les conséquences de ce revirement. « Elisabeth Borne a suivi le président, mais son ministère peine à appliquer les nouvelles consignes », déplore-t-il.

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