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États-Unis. La campagne démocrate s’emballe suite aux révélations sur l’ingérence russe

Bernie Sanders se présente en favori des primaires démocrates vendredi à la veille d’un vote important dans le Nevada (États-Unis), bien que fragilisé par des révélations embarrassantes du Washington Post sur une ingérence de la Russie en sa faveur.

Selon le journal, des responsables américains ont informé le candidat d’interférences de Moscou au profit du sénateur du Vermont. Des élus du Congrès ont aussi été briefés par les services de renseignement sur ces interventions supposées.

« Franchement, je me moque de savoir qui Poutine veut comme président. Mon message à Poutine est clair : restez à l’écart des élections américaines et lorsque je serai président, je m’en assurerai », a réagi Bernie Sanders dans un communiqué.

« En 2016, la Russie a utilisé la propagande sur internet pour semer la division dans notre pays, et je comprends qu’ils recommencent en 2020 », a-t-il ajouté.

Les révélations sur une nouvelle ingérence russe dans les élections, via une manipulation de messages sur les réseaux sociaux, se multiplient depuis deux jours aux États-Unis.

Les services de renseignements américains ont ainsi également informé des élus du Congrès que Moscou cherchait, comme en 2016, à favoriser la victoire du président républicain Donald Trump.

Aucun lien n’était formellement établi vendredi entre les tentatives supposées d’ingérence en faveur de Donald Trump et de Bernie Sanders. Beaucoup d’analystes estiment qu’une nomination de Bernie Sanders pourrait aider Donald Trump car son programme est très marqué à gauche et il serait de ce fait moins susceptible de rassembler largement les électeurs que d’autres candidats plus centristes.

Le président républicain Donald Trump était de son côté furieux après d’autres informations selon lesquelles les Russes cherchaient spécifiquement à l’aider à remporter la présidentielle de novembre.

Une « campagne de désinformation » menée, selon lui, par les démocrates a-t-il dénoncé.

Fidèle à sa nouvelle tradition, le président s’est invité vendredi dans le Nevada pour un meeting de campagne, juste avant le vote de ses opposants.

« Avec votre aide en novembre, nous battrons les démocrates socialistes radicaux », a-t-il lancé à ses partisans.

À coup de tweets et de surnoms moqueurs, le président républicain se délecte de la bataille des démocrates.

« Une bouchée » de Bloomberg

Faisant campagne sur un programme résolument à gauche, le favori Bernie Sanders dispose aussi d’un net avantage dans les sondages portant sur le Nevada, loin devant l’ancien vice-président modéré Joe Biden puis l’ex-maire Pete Buttigieg et la sénatrice Elizabeth Warren, dans un mouchoir de poche.

De son côté, le milliardaire Michael Bloomberg fait l’impasse sur les premiers États pour entrer en lice lors du « Super Tuesday » le 3 mars, lorsque 14 États voteront.

Déjà plombé par des accusations polémiques sur d’anciens propos sexistes et des politiques jugées discriminatoires, cet ex-républicain essuie des critiques nourries depuis sa piètre performance lors d’un débat mercredi.

« Si cela se passe comme ça pour un débat démocrate, il est assez probable que Trump n’en fera qu’une bouchée », a jugé Bernie Sanders, dans un extrait d’entretien diffusé sur la chaîne CBS.

Il s’est de nouveau indigné du montant record que dépense le multimilliardaire pour financer sa campagne : déjà plus de 360 millions de dollars en spots publicitaires, selon Advertising Analytics, tirés de sa fortune.

« Nous sommes en démocratie. Chaque personne vaut un vote. Un type qui vaut 60 milliards de dollars ne peut pas acheter une élection », a lancé M. Sanders, également favori dans les sondages nationaux.

M. Bloomberg s’est dit prêt vendredi à permettre à plusieurs femmes qui l’accusent d’avoir tenu des propos sexistes de s’exprimer librement, en les affranchissant d’accords de confidentialité.

Alors qu’il ne s’est encore présenté à aucune primaire, la fortune de l’ancien maire de New York lui a permis de se hisser à la troisième place dans la moyenne des sondages nationaux, derrière MM. Sanders et Biden.

Mais sa popularité a plongé de vingt points dans un sondage mené par Morning Consult juste après le débat.Certains démocrates s’inquiètent de voir le parti se déchirer dans un duel entre MM. Bloomberg et Sanders.

D’où la tentative frénétique chez les prétendants démocrates à la Maison Blanche de se présenter en candidat du rassemblement, plus au centre.

Éviter le fiasco

Dans les casinos de Las Vegas ou les régions désertiques de cet État de l’Ouest américain, déjà plus de 75 000 électeurs démocrates ont voté lors de scrutins anticipés organisés dans le Nevada, où un tiers de la population est hispanique.

Sur le terrain, la progressiste Elizabeth Warren a retrouvé de l’élan : elle a levé quelque cinq millions de dollars après son bon débat.

Le modéré Pete Buttigieg dispose aussi d’une bonne organisation.

Pour contrer Bernie Sanders, ses rivaux tentent de profiter de la controverse qui oppose le syndicat des employés de la restauration, très puissant dans les casinos de Las Vegas, aux partisans du socialiste.

Comme l’Iowa, le Nevada organise des « caucus » pour ses primaires, des assemblées d’électeurs qui exprimeront publiquement leur choix de candidat samedi à partir de la mi-journée.

Après le chaos dans la publication des résultats de ce premier État, les démocrates du Nevada cherchent à tout prix à éviter un même fiasco.

Les démocrates ont entamé au début du mois le long processus des primaires qui doit permettre de désigner leur candidat à la présidentielle du 3 novembre. Le troisième acte de ces primaires se tient donc aujourd’hui dans l’État du Nevada.

Lors de l’élection de 2016, les agences de renseignement américaines avaient conclu que la Russie avait cherché à s’ingérer dans le processus au détriment de la démocrate Hillary Clinton. Cela avait été ensuite confirmé par l’enquête judiciaire du procureur spécial Robert Mueller.

En revanche, Robert Mueller avait estimé qu’il n’y avait pas de connivence entre la Russie et l’équipe de campagne de Donald Trump.

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