France

Face à la Chine, l’Occident est dans une impasse

Ni la manière forte façon Donald Trump, ni le partenariat dans la réciprocité souhaité par l’Europe ne semblent avoir de prise sur la volonté de Pékin d’accéder au rang de première puissance mondiale, observe Frédéric Lemaître dans sa chronique.

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Chronique. Sans l’intervention in extremis d’un juge dimanche 20 septembre, il aurait fallu, pour utiliser la messagerie chinoise WeChat aux Etats-Unis, avoir au préalable téléchargé un VPN, cette connexion qui permettait jusqu’ici de contourner la censure dans des pays comme la Chine ou l’Iran. Le symbole est fort. Au nom de la « sécurité nationale », les Etats-Unis veulent bloquer une des principales applications chinoises et tentent de prendre le contrôle d’une seconde, TikTok, extrêmement populaire auprès des jeunes. Comme l’avait déjà montré leur combat contre Huawei, vingt ans après être partis à la conquête du cyberespace, les Etats-Unis sont désormais sur la défensive.

Tensions

En fait, ce n’est pas seulement la première puissance mondiale mais l’ensemble de l’Occident qui se trouve dans une impasse face à la Chine. Le Canada vient de renoncer à négocier un traité de libre-échange commercial avec elle. Pourtant, en 2016, le premier ministre, Justin Trudeau, s’était engagé la fleur au fusil, pas fâché de se démarquer de son puissant voisin. Mais les tensions liées à l’arrestation, à Vancouver, de la directrice financière de Huawei, Meng Wanzhou, fin 2018, puis la détention par Pékin de deux Canadiens, Michael Kovrig et Michael Spavor, devenus de véritables otages, ont rendu tout accord impossible. « La Chine de 2020 n’est plus celle de 2016 », constate Justin Trudeau. Un désamour comparable à celui de l’Australie. Hier résolument prochinoise, l’île-continent est aujourd’hui un de ses adversaires les plus farouches.

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Et que dire de l’Europe ? Seul le fait qu’il se tienne par vidéoconférence a permis au sommet réunissant Xi Jinping et les dirigeants européens, le 14 septembre, de ne pas apparaître comme ce qu’il est : un échec retentissant. Lorsque Angela Merkel a eu l’idée, en 2019, d’inviter le président chinois à Leipzig à ce sommet, c’était pour enfin signer un accord sur les investissements, négocié depuis sept ans. En fait, « il y a encore beaucoup à faire », a constaté Ursula von der Leyen, la présidente de la Commission européenne, en rendant compte des échanges.

Pékin peut désormais affirmer ne pas redouter un confit armé avec les Etats-Unis

Il y a vingt ans, lors de son accession à l‘Organisation mondiale du commerce fin 2001, la Chine était un marché. Puis elle est devenue un concurrent, dont la modernité a éclaté aux yeux du monde lors des Jeux olympiques de 2008. Enfin, depuis l’arrivée de Xi Jinping au pouvoir en 2012, elle se pose en rival. Sur tous les plans : économique, idéologique et militaire. Les tensions actuelles autour de Taïwan le prouvent : Pékin peut désormais affirmer ne pas redouter un confit armé avec les Etats-Unis. « Pour la première fois depuis des siècles, les Américains regardent la Chine comme un pays de même niveau qu’eux, en termes de richesse nationale et de pouvoir et, pour la première fois depuis toujours, cette parité est vue en soi comme une menace pour les intérêts et la sécurité des Etats-Unis », commente l’historien John Delury dans la revue américaine Perspectives on History (17 septembre).

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