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Face aux risques de pandémie, la prudence reste de mise sur les marchés boursiers

Face aux risques de pandémie, la prudence reste de mise sur les marchés boursiers

De Paris à New York en passant par Francfort, les places boursières ont en partie enrayé leur chute mercredi, sans toutefois parvenir à rebondir franchement après leur dégringolade du début de la semaine liée à la propagation du nouveau coronavirus.

Les Bourses européennes ont temporairement profité de l'ouverture dans le vert de la place new-yorkaise pour se redresser un peu en cours de séance. Mais le répit a été de courte durée.

«Il y a surtout une grande nervosité et les évolutions très brutales de la journée témoignent des difficultés des investisseurs à évaluer convenablement les conséquences de l'épidémie», estime auprès de l'AFP Daniel Larrouturou, un gérant actions de Dôm Finance. «Les investisseurs naviguent à vue en fonction des nouvelles concernant l'économie».

Le CAC 40 et le Dax ont tous deux connu un trou d'air de respectivement -2% et -3% en cours de séance, avant de se reprendre pour terminer proche de l'équilibre.

La Bourse de New York a, quelques heures plus tard, terminé sans direction claire. Le Dow Jones a reculé de 0,46% et le S&P 500, qui représente les 500 plus grandes entreprises de Wall Street, de 0,38%. Mais le Nasdaq, aidé par la hausse de plusieurs valeurs technologiques dont les géants Netflix (+5,3%), Apple (+1,6%) et Microsoft (+1,3%), est parvenu à terminer dans le vert (+0,17%).

Plus tôt en Asie, les Bourses avaient encore souffert des craintes relatives à l'épidémie, Tokyo reculant de 0,79% et Shanghai de 0,83%.

Même si la propagation du virus semblait ralentir en Chine, la pneumonie virale a continué mercredi de se répandre dans le monde, avec notamment un premier cas en Amérique latine, au Brésil.

Le nouveau coronavirus a contaminé plus de 81.000 personnes et fait 2.761 morts dans le monde, selon le dernier bilan officiel communiqué mercredi soir par l'Organisation mondiale de la santé (OMS).

«Il y a toujours plus de raisons de s'inquiéter que d'être confiant. On ne sait pas à quel stade de l'épidémie on se trouve et on ne connaît pas l'ampleur des dégâts économiques», relève Art Hogan, responsable de la stratégie de marchés chez National Holdings.

Dans ce contexte, les investisseurs restent frileux et se sont encore tournés mercredi vers des valeurs sûres: signe de l'intérêt des courtiers, le taux à 10 ans sur la dette américaine est descendue mercredi jusqu'à 1,2988%, un niveau jamais atteint auparavant.

- En quête de mesures de soutien -

Pour l'heure, il est trop tôt pour évaluer l'impact commercial à venir de la crise sanitaire et pour estimer les perspectives de la situation. C'est cette incertitude, abhorrée des marchés, qui pèse sur les actions.

«Les marchés font grise mine tant ils craignent une contamination d'un nombre de plus en plus important de pays», observe un analyste de La Banque Postale Asset Management (LBPAM).

Les marchés «appellent de leurs vœux des mesures de soutien par les autorités publiques, les Banques centrales au premier chef», écrit LBPAM dans une note.

Toutefois, nombreux sont les acteurs de marché qui s'interrogent sur l'efficacité d'une baisse de taux directeur pour répondre à une offre en berne.

«De nombreuses entreprises, dont Apple, Pernod Ricard et le secteur du luxe ont déjà prévenu que les perturbations dans la chaîne d'approvisionnement auraient un impact sur leurs performances du premier trimestre», rappelle Franklin Pichard, de Kiplink Finances.

Pour redémarrer la machine, la Chine a annoncé un vaste plan de soutien aux petites et moyennes entreprises asphyxiées par l'épidémie, encourageant les banques à leur octroyer des prêts préférentiels.