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France

Gaz hilarant : le maire de Palavas interdit les capsules

Un arrêté proscrit la détention et l’utilisation du protoxyde d’azote.

L’arrêté a été pris par le maire de Palavas-les-Flots (Hérault) ce vendredi 23 août, une première dans la région. L’élu entend ainsi interdire "la détention, l’utilisation, le dépôt et l’abandon de cartouches de protoxyde d’azote", ces fameuses capsules détournées de leur usage.

En vente libre pour quelques dizaines de centimes d’euros l’unité dans les commerces d’alimentation, elles sont destinées à l’origine à fabriquer de la chantilly. Mais les jeunes – et moins jeunes – les utilisent pour ses propriétés euphorisantes, de gaz hilarant, en l’inhalant après avoir mis ce N2O dans un ballon de baudruche.

"Il y en a partout"

Ce phénomène ancien connaît une recrudescence depuis quelques mois et même une accélération cet été. Le constat est le même, que l’on soit dans les grandes agglomérations comme Montpellier ou dans les petites communes, lors des fêtes votives notamment : les capsules inondent les trottoirs.

A Montpellier, Philippe Saurel : "Un enjeu de santé publique"

Le 29 juillet, Philippe Saurel, le maire de Montpellier, écrivait à la ministre de la Santé, Agnès Buzyn, pour l’alerter de ce qui relève selon lui d’un problème de santé publique.

"Il m’apparaît nécessaire que l’accès puisse être réglementé à l’échelle nationale afin de réguler sa consommation et le limiter à sa vocation initiale." Selon le premier magistrat, prendre un arrêté ne serait pas applicable. "Ces produits sont en vente libre et n’ont pas fait l’objet au niveau national d’une interdiction. On me dirait : “De quel droit, le maire s’interjette-t-il dans le commerce  ?” Ou bien,  si j’interdis aux mineurs de consommer ce type de produit, des adultes peuvent très bien l’acheter, le revendre, ce qui favoriserait le marché noir."

L'intégralité de l'entretien avec Philippe Saurel

"Il y en a partout, des capsules ! Sur la plage, à la fête foraine, dans les jardins publics et dans les squares où il y a des jeux d’enfants, s’inquiète Christian Jeanjean, le maire de Palavas. Notre jeunesse est en train de s’abîmer avec des produits pas chers. C’est l’équivalent de la colle à l’époque, que les jeunes inhalaient pour se droguer. Mais ce produit est dangereux !" Les risques sont en effet à prendre au sérieux. Pour autant, l’édile compte-t-il vraiment que sa police municipale puisse intervenir et comment ?

Les risques encourus

Les dangers du protoxyde d’azote ne sont pas anodins. "Il y a des risques de lésion cutanée, de gelures sur la bouche et les mains et rarement des troubles du rythme cardiaque pour les personnes fragiles et exceptionnellement de décès quand le gaz est pris en circuit fermé sans oxygène", résume Emmanuel Margueritte, médecin légiste au CHU de Montpellier.

Il y a aussi d’autres risques : les associations avec de l’alcool, des drogues, des médicaments et des effets sur l’équilibre peuvant entraîner des chutes. Fin juillet, un chauffard ivre roulait en prenant un ballon de “proto” : il a percuté et blessé un joggeur à Montpellier.

"Bien sûr, cet arrêté vaut ce qu’il vaut. Mais l’idée, c’est de demander à ma police de confisquer le protoxyde d’azote. Nous ne sommes pas là pour punir, ni pour solutionner le problème mais pour le soulever, poursuit Christian Jeanjean. Et c’est aussi un moyen d’être entendu au plus haut, d’alerter les autorités publiques."

L’arrêt est désormais dans les mains du préfet de l’Hérault et s’applique déjà dans la station balnéaire. Au niveau national, des parlementaires se sont emparés du sujet courant 2019 pour faire inscrire dans le Code de santé publique l’interdiction de la vente des cartouches de protoxyde d’azote aux moins de 18 ans.

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