«Où est Ghislaine Maxwell ?», s’interrogeaient les médias fin juin. Depuis le suicide, le 10 août 2019, de son ami proche Jeffrey Epstein, accusé d’agressions sexuelles sur mineures, l’héritière britannique avait disparu des écrans radars. Tout juste la Britannique de 58 ans avait-elle été aperçue et immortalisée, cinq jours après le décès de l’homme d’affaires, dans un fast-food de la chaîne In-N-Out à Los Angeles. L’ancienne maîtresse de Jeffrey Epstein a pourtant été arrêtée à Bedford, dans le New Hampshire (côte Est des États-Unis), ce jeudi 2 juillet à 8h30, a révélé NBC. Ghislaine Maxwell est accusée d’avoir repéré et appâté des adolescentes, souvent en rupture de ban familial, jusque dans les résidences d’Epstein, à New York, au Nouveau-Mexique, en Floride et dans les îles Vierges, pour des séances de «massages» sexuels rétribuées en moyenne 200 dollars. Elle est également accusée de parjure, a révélé Audrey Strauss, procureure du district sud de New York. Elle devrait comparaître dans l’après-midi devant la cour fédérale du New Hampshire.

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La plainte de Virginia Roberts Giuffre

Selon des documents judiciaires, Ghislaine Maxwell aurait aidé le milliardaire à fournir des esclaves sexuelles mineures à Jeffrey Epstein, ainsi qu’à des amis riches et puissants. L’une de ces adolescentes, Virginia Roberts Giuffre, affirme avoir été contrainte par l'ancien couple d’avoir des relations sexuelles avec certains de leurs proches, parmi lesquels le prince Andrew. Désormais âgée de 36 ans, cette Américaine a déclaré lors d’une action civile qu’elle avait été repérée par Ghislaine Maxwell, qui l’avait fait entrer dans le cercle de Jeffrey Epstein. Elle a expliqué avoir subi de mauvais traitements de 1999 à 2002 – ce que la socialite avait nié. Virginia Roberts Giuffre avait donc déposé une plainte pour diffamation contre cette dernière en 2015. Un an plus tard, Jeffrey Epstein avait refusé de dire si Ghislaine Maxwell lui avait effectivement fourni des esclaves sexuelles.

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Ghislaine Maxwell nie en bloc

Mi-mars, la fille du magnat des médias Robert Maxwell était sortie du silence. Elle venait en effet d’attaquer en justice les héritiers du financier pédophile décédé. Dans un document déposé devant la Cour suprême des îles Vierges - territoire américain dans lequel Jeffrey Epstein possédait plusieurs propriétés - elle réclamait la prise en charge de ses frais d'avocats, ainsi que des dépenses engagées pour sa protection personnelle et sa mise en sûreté. Elle indiquait avoir été employée par l’ancien trader de 1999 à 2006 «au moins», à la gestion de plusieurs propriétés du financier américain. Mais niait en bloc les accusations dont elle fait l'objet. «Maxwell n'avait pas connaissance des infractions supposées de Jeffrey Epstein et n'y a pas pris part», affirmait l'assignation, qui avait été versée au dossier le 12 mars. Arrêté en juillet 2019, avant de se suicider un mois plus tard dans sa cellule, Jeffrey Epstein était, quant à lui, accusé d’avoir exploité des douzaines de jeunes filles mineures à New York et en Floride au début des années 2000. Il encourait la prison à perpétuité.

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