France

Giscard, un réformateur enlisé

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Le 9 octobre 1980, à sept mois de la fin de son septennat, le Président Giscard d’Estaing visite la région Nord-Pas-de-Calais, durement éprouvée la fermeture de mines de charbon et d’usines textiles et métallurgiques. Reçu à l’Hôtel de ville de Lille par le maire socialiste, Pierre Mauroy, il trace les grandes lignes de son prochain mandat : « La France est un pays sous-industrialisé. Elle a encore un grand effort à accomplir : pour ajouter un second étage d’industrialisation ».

De grandes lois

Et Giscard de répondre aux attaques de son principal adversaire, François Mitterrand, en dressant le bilan social de six années et demie de pouvoir : « La situation des personnes âgées était injuste, nous avons pu assurer la progression de 60 % de leur niveau de vie. Ensuite, en 1976, nous avons fait voter une loi, qui n’a pas d’équivalent dans le monde, pour les personnes handicapées. Et nous avons revalorisé le pouvoir d’achat des travailleurs de condition modeste ».

Le centriste libéral, si sincèrement pro-européen, entré à l’Élysée à 48 ans, pourrait y ajouter les grandes lois qui resteront dans notre mémoire collective : la libéralisation, en 1975, de l’IVG, grâce au courage de sa ministre Simone Veil face à une grande partie de la droite ; la loi, portée par la ministre Monique Pelletier, faisant du viol un crime ; l’abaissement du droit de vote à 18 ans. « Oui, lance-t-il, malgré la dureté des conditions économiques, la politique de ces dernières années s’est efforcée de faire progresser la justice ».

Dans le vaste hall de la mairie de Lille, l’Internationale retentit alors. Des Ch’tis brandissent le poing. Deux heures plus tard, pourtant, Mauroy confiera qu’il voit Giscard « réélu dans un fauteuil ». Que s’est-il passé pour que, le 10 mai 1981, ce brillant président soit battu - par 48,2 % des suffrages contre 51,8 % - par Mitterrand ? La question hantera le vaincu durant près de quarante ans après son départ de l’Élysée.

Chocs pétroliers et mesures de rigueur

D’abord, il y a eu les « chocs pétroliers » : au printemps 1976, le baril bondit de trois à dix dollars, l’inflation grimpe à plus de 10 %, le franc est attaqué et le chômage atteint la barre fatidique d’un million de victimes. Entré à Matignon à l’automne de cette année-là, Raymond Barre, le « meilleur économiste de France » comme l’appelle VGE, ne parviendra à contenir l’inondation qu’au prix de sévères mesures de rigueur. Or, dès l’été 1976, le président de la République n’a plus de majorité pour le soutenir. Le 25 août, son premier chef de gouvernement, Jacques Chirac, nommé en 1974 pour sa fidélité supposée, annonçait à la télévision sa démission fracassante : « Je ne dispose pas des moyens que j’estime nécessaires » Réaction d’homme blessé ? Ou calcul de politicien conseillé par de cyniques mentors ? Chirac, nouveau chef du mouvement gaulliste rebaptisé « RPR », ne va plus cesser de critiquer la politique de réduction de déficits de Barre, de combattre les projets giscardiens en faveur d’une Europe unie et de démolir - ou de laisser démolir par ses sbires, comme Charles Pasqua - l’image personnelle du Président.

Image minée par l’affaire des diamants

Le point culminant de cette campagne sera « l’affaire des diamants », révélée fin 1979 par le Canard Enchaîné : détrôné par la France, l’ancien dictateur de Centrafrique, Bokassa, affirme avoir offert à Giscard, au temps où il était ministre des Finances, une plaquette de diamants. Dès lors, l’image du chef de l’État va être minée par le poison du soupçon. Deux slogans vont rallier ses adversaires, de droite comme de gauche : « Prince du chômage » et « Son problème, c’est le peuple ! ». Mais si le problème de ce président réformateur et visionnaire avait d’abord été sa personnalité ?

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