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France

Grève du 5 décembre: «Les gens ont ressorti les vélos de papi et mamie»

«Je suis submergé de boulot» se réjouit Patrice Delcayre, le gérant de Cycles Delcayre. Depuis plusieurs jours, ce réparateur de vélo installé dans le XXe arrondissement voit les clients défiler. Car malgré la pagaille annoncée, les Parisiens comptent bien travailler jeudi prochain. Ceux qui ne peuvent pas faire de télétravail se tournent donc vers un mode de transport qui, lui, ne fait jamais grève: la bicyclette!

Cette fois, pas question de subir. De nombreux Franciliens ont pris les devants pour ne pas se laisser perturber par la prochaine grève des transports. Et l’un des grands gagnants, c’est le vélo. Chez les professionnels du cycle, c’est l’effervescence. «Dans les dernières semaines, il ne se passe pas une journée sans que quelqu’un ne vienne nous voir» raconte un réparateur chez Décathlon Rosa Parks, dans le XIXe arrondissement. «Novices et cyclistes réguliers veulent absolument être opérationnels le jour J» lance-t-il.

on n’a pas vu un tel engouement pour le vélo depuis les grèves de 1995!

Patrice Delcayre, gérant du magasin Cycles Delcayre

«Les gens ont sorti les vélos de papi et mamie» blague Patrice Delcayre, «on essaye de remettre les vélos en état, même si ce n’est pas toujours possible». Dans les souvenirs de ce spécialiste, installé depuis plusieurs décennies dans le quartier, «on n’a pas vu un tel engouement pour le vélo depuis les grèves de 1995!». Pour faire face à la demande, le commerçant «rallonge même les horaires» et «travaille tous les midis» à défaut d’avoir assez de fonds pour embaucher.

Normalement spécialisé dans la location de vélo pour touriste, Holland Bikes, dans le Ier arrondissement, profite également du phénomène. «Un nombre significatif de personnes viennent faire réparer des vieux vélos qui sortent des caves» remarque aussi la gérante. Le loueur a même lancé une offre de location «spéciale grève», en espérant surfer sur la tendance.

Vincent Lebray, de Paris Bike company et spécialisé dans la location, est plus dubitatif: «pour être honnête il n’y a pas encore d’effet incroyable» rapporte-t-il. Il a quand même reçu «pas mal de coups de fil» pour savoir s’il serait ouvert le 5 décembre, précise-t-il.

«La grève est un déclic»

Du côté des ventes, l’effet 5 décembre est moindre mais bien présent. «On a un peu plus de gens qui se décident à passer au vélo à cette occasion» explique-t-on chez Holland Bikes. «Souvent, ils nous disent qu’ils y pensaient depuis longtemps ; la grève est un déclic» précise un vendeur chez Décathlon, persuadé qu’il existe de toute façon «un mouvement de fonds» favorable à la pratique du vélo.

La plupart des commerçants interrogés espèrent également profiter de la mise en place de l’aide à l’achat des vélos électriques. La région, qui devait lancer sa prime de 500 euros à l’achat de vélo à assistance électrique en février, a en effet décidé de la rendre accessible dès le 1er décembre, pour faciliter la gestion du mouvement de grève.

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