Stéphane Sieczkowski-Samier, a été condamné, ce mardi, à trois ans de prison avec sursis et cinq ans d’inéligibilité pour « détournement de fonds publics ». En revanche, l’ex-maire d’Hesdin, dans le Pas-de-Calais, a été relaxé pour un tiers de la somme reprochée, a-t-on appris de sources concordantes.

Celui qui fut élu l’un des plus jeunes maires de France, sous l’étiquette « divers droite », a également été condamné à une amende de 15.000 euros et s’est vu confisquer les sommes saisies sur deux comptes (soit 49.000 et 15.000 euros), ont indiqué à l’AFP le parquet et l’avocat de Stéphane Sieczkowski-Samier, Me Pierre Henri-Bovis.

Inéligible pour trois ans

Révoqué en août et déclaré inéligible pour trois ans en 2019, l’ancien maire avait comparu fin octobre devant le tribunal correctionnel de Boulogne-sur-Mer, accusé d’avoir fait usage de fonds publics à hauteur de 114.343 euros à des fins personnelles, notamment en frais de restaurant, de carburant, de travaux et de matériel.

Mardi, le tribunal a rendu son délibéré et « Stéphane Sieczkowski-Samier a été relaxé pour une partie des faits, notamment concernant l’aménagement d’une salle de bien-être, le tribunal estimant que ces dépenses étaient excessives mais pas constitutives d’un détournement de fonds ». Il a en revanche « été condamné pour tout le surplus », a expliqué, à l’AFP, le procureur de Boulogne-sur-Mer, Pascal Marconville.

« Il est relaxé à hauteur de 37.575 euros et reconnu coupable du surplus à hauteur de 77.000 euros », a précisé Me Pierre-Henri Bovis, précisant que son client entendait interjeter appel. « Ce jugement nous paraît évidemment excessif, (…) nous attendons la motivation du jugement pour savoir dans quelle mesure le tribunal arrive à motiver la somme de 77.000 euros, qui nous paraît surréaliste », a-t-il déclaré.

« J’étais au service de la mairie »

Pendant près de neuf heures d’audience fin octobre, Stéphane Sieczkowski-Samier avait tenté de se justifier devant le tribunal, exhibant des documents pour prouver sa « bonne foi ». « Je n’ai détourné aucun centime d’euro de la mairie d’Hesdin. J’étais au service de la mairie », avait affirmé devant la Cour celui qui a été élu, en 2014, à l’âge de 22 ans, maire de cette commune de 2.200 habitants.

Poursuivie également, sa mère Christiane Samier « a été relaxée concernant les faits de recel de détournement de fonds publics mais condamnée à six mois d’emprisonnement avec sursis pour la complicité de détournement de biens saisis », a encore indiqué Pascal Marconville.

L’ex-maire est par ailleurs visé par d’autres enquêtes, notamment pour acquisition d’armes de troisième catégorie, prise illégale d’intérêts, complicité de faux et usage de faux en écriture publique.