France

Île de Ré : au secours, les Parisiens reviennent ! Et le virus avec ?

Les Parisiens, véritable épouvantail de la vie rétaise, ont toujours le chic pour s'inviter dans les conversations. « Au secours, ils reviennent ! » C'est, en substance, le message adressé par certains îliens aux Germanopratins de passage cet été. Voitures rayées, faux arrêté préfectoral et remarques à l'envolée avaient émaillé le confinement. C'est désormais à la rumeur, insidieuse que l'on doit les meilleures pages des quotidiens locaux : « Covid-19 : l'île de Ré sous le vent des folles rumeurs », pour Sud-Ouest. « Il n'y a pas de foyers épidémiques sur l'île de Ré », pour l'hebdomadaire Le Phare de Ré. Le virus, ce ressort médiatique, court encore et avec lui les tensions du confinement. Une polémique qui en agace plus d'un parmi les insulaires, heureux de renouer avec une saison touristique déjà amputée. Florilège.

« Il y a des cons partout », souffle Arnaud, chagriné par tant d'agitation. Pour ce commerçant, installé en périphérie du village de La Flotte, il y a bien péril en la demeure : « Quelques-uns, par stupidité, vont foutre en l'air toute notre réputation. » Ouvert pendant le confinement, en pleine hystérie collective, le chef d'entreprise est catégorique : « C'est la peur qui explique ces comportements. On a montré l'île de Ré par le petit bout de la lorgnette. Moi, je préfère que les gens viennent dans leur résidence secondaire plutôt que de taper sur les gamins dans un 30 m². à Paris » Les quelques dégradations et incivilités constatées pendant le confinement ? L'œuvre d'une minorité dérangée par ce voisinage forcé tempère Arnaud, impatient de renouer avec un chiffre d'affaires estival.

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Le monde de Oui-Oui

« C'est humain », ajoute Maxence à la tête d'une petite entreprise de restauration rapide. À sa table, des Rétais historiques mais aussi de nombreux touristes – belges, allemands, hollandais ou français – tous bronzés et souriants. « Je n'ai jamais vu autant de monde au mois de juillet », se réjouit-il, après des semaines de fermeture administrative. Une réelle embellie dans un paysage économique dévasté. L'Assemblée nationale débloquait, ce jeudi, 18 milliards d'euros supplémentaires à destination du secteur touristique après un printemps passé aux oubliettes du confinement. Mais à l'heure où l'Europe reconfine façon confettis, l'apparition d'un cas de Covid-19 dans un camping de l'île de Ré ravivait, il y a peu, la crainte d'une « clusterisation » de l'île. Au risque de convoquer les mauvaises habitudes du confinement.

« Lîle de Ré, c'est le monde de Oui-Oui », assène Élise, débarquée en trombe sur les rivages rétais le 15 mars dernier, deux jours avant la mise sous cloche du pays. Parisienne et fière de l'être – « nous, on a le sens du respect des règles » –, cette mère de famille n'a pas été surprise par la franche hostilité rencontrée au gré de ses rares sorties. « Cela fait 27 ans que je viens. L'île de Ré, c'est un microcosme mais comme partout, il y a aussi de la mesquinerie et les médias adorent l'île de Ré. » Les images de voitures embouteillées à l'entrée du pont, parfois obligées de rebrousser chemin à la veille du confinement, ne lui donneront pas tort. « On mesure la chance que l'on a, mais s'entendre dire par un agent municipal, à ma fille, qu'on ne veut pas toucher son attestation au risque de tomber malade ça fait réfléchir », ponctue cette propriétaire de résidence secondaire, pourtant loin des canons de la délinquante chevronnée. « C'est comme dire des Rétais que ce sont des ploucs consanguins, ça n'aide personne. » La guerre ferait-elle rage entre bobos amateurs de clichés instagramables et ploucs mangeurs de patates ? Une vieille controverse qui n'aurait pas lieu d'être selon la plupart des résidents de l'île conscients d'habiter « un petit paradis » à l'ombre des pins maritimes.

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Contrat de mariage

« Ils ne sont pas nombreux les Rétais de souche », s'exclame au téléphone Sandrine, gérante de camping. Aux premières loges pour accueillir les juillettistes de 2020, elle rappelle que les Franciliens « ont des résidences, payent des impôts et ont tout à fait le droit de venir ». Dont acte, puisque le tourisme génère l'essentiel des revenus de l'île avec, dans la balance, des milliers d'emplois saisonniers. « Le tourisme, c'est la maladie honteuse de l'île de Ré alors pourquoi taper sur le touriste déjà qu'on a une image de riche ? » s'interroge Sandrine dans la chaleur de cet été pour le moins anormal. « Chez moi, on les appelle les "notre-île" parce qu'ils le répètent tout le temps », ajoute-t-elle. Qui ? Difficile à dire, mais la confusion est facile tant les touristes sont nombreux à arpenter les rues des centres-villes. « L'autre jour, on m'a dit de rentrer chez moi », témoigne une passante, « mais j'habite ici ! »

« L'île de Ré, c'est un contrat », précise Élise, peu rancunière. Du développement d'une économie encore très rurale à l'inauguration du pont en 1988, le mariage de raison entre insulaires et touristes, plus ou moins fortunés, n'aura pas varié dans les termes. Mais comme dans tout mariage, il est parfois des moments de doute, voire de vexations. Sans compter un confinement, source de tensions. Été 2020, pour mieux repartir ?

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