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Irak : nouvelle journée de contestation et d'affrontements avec les forces de l'ordre

Pour la deuxième journée consécutive, les manifestations ont repris à Bagdad, Nassiriya, Amara, Diwaniya, Kout et Bassora. Une personne est morte au cours des heurts dans l'est de la capitale irakienne.

Un manifestant a été tué mardi 21 janvier à Bagdad, selon des médecins, alors que le mouvement de contestation a bloqué des routes pour faire pression sur le gouvernement irakien auquel il réclame de profondes réformes. Le manifestant est décédé après avoir reçu un tir de gaz lacrymogène dans la rue Mohammad al-Qassem, dans l'est de la capitale.

Des protestataires ont essayé de fermer cette rue en brûlant des pneus et des affrontements ont éclaté avec les forces de sécurité, qui ont tiré des balles réelles et du gaz lacrymogène pour les disperser. Huit manifestants ont été hospitalisés pour avoir inhalé du gaz lacrymogène, ont indiqué mardi des médecins, au lendemain de la mort de trois autres dans des heurts dans la capitale.

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Ce mouvement de contestation a débuté en octobre en Irak mais a perdu de sa vigueur ces dernières semaines face à la montée des tensions entre Washington et Téhéran, deux alliés de Bagdad. Les manifestants avaient marqué une pause dans la contestation et adressé un ultimatum d'une semaine – qui a expiré lundi – aux dirigeants pour répondre à leurs demandes, principalement une refonte du pouvoir passant par des élections anticipées. Depuis l'expiration du délai, des groupes de jeunes ont repris le mouvement à Bagdad et dans le sud du pays.

Mardi, ils ont bloqué des rues dans les villes de Amara, Diwaniya, Kout et Bassora, au sud de Bagdad. À Nassiriya, de nombreux manifestants, la plupart des étudiants, ont envahi le centre ville, arborant des drapeaux irakiens, selon un correspondant de l'AFP.

"Avec notre âme, avec notre sang, nous nous sacrifierons pour toi, Irak !", ont scandé certains d'entre eux alors que d'autres ont bloqué les principales routes au nord et au sud de la ville. Des centaines de camions ont été ainsi immobilisés, dont certains transportant du pétrole.

Pour Tahseen Mohannad, un protestataire à Nassiriya, les manifestations "ne s'arrêteront pas malgré la procrastination de l'État et des partis politiques quant il s'agit des demandes légitimes" du mouvement. "Nous avons versé du sang et nous continuerons à verser le sang des jeunes pour nous débarrasser de cette classe politique", a-t-il ajouté.

Outre l'appel à des élections, les manifestants réclament une réforme de la loi électorale, la désignation d'un Premier ministre indépendant, la fin de la corruption et la fin du système politique de répartition des postes en fonction des ethnies et des confessions.

Avec AFP