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France

"J'étais tétanisé": l'avocat de Lelandais se confie sur la reconstitution du meurtre de Maëlys

Dans son livre Soit je gagne, soit j'apprends (aux éditions Plon) à paraître le 14 novembre, et dont Midi Libre a publié quelques extraits (article payant) ce dimanche, l'avocat de Nordahl Lelandais, Me Alain Jakubowicz, revient sur son métier mais aussi se confie sur ses différentes affaires.

Il évoque notamment, dans cet ouvrage, sa rencontre avec Nordahl Lelandais, suspect numéro 1 dans l'affaire du meurtre de la petite Maëlys.

"Il m'est apparu comme une sorte de paumé, fruit de notre époque et de notre société. En dehors de sa passion pour les chiens et les motos, rien ne semblait l'intéresser, décrit Alain Jakubowicz dans son ouvrage. Je l'ai interrogé sur ses centres d'intérêt. Le désert, ou presque. (...) A 36 ans, il avait à peu près tout échoué."

Je n'imaginais pas qu'il fût possible de porter les coups avec une telle violence dans la position dans laquelle il se trouvait 

Me Alain Jakubowicz

L'avocat de 66 ans, ex-président de la Licra et qui est l’un des seuls à avoir participé aux trois procès historiques majeurs liés à l’Occupation (ceux de Klaus Barbie, de Paul Touvier et de Maurice Papon), revient aussi dans ce livre sur la reconstitution du meurtre de Maëlys.

"L'homme était devant nous. La petite fille remplacée par une grande poupée de chiffon. Tous les regards convergeaient vers l'habitacle de la voiture, cette Audi, seul témoin de ce qui s'était passé. Concentré, il savait ce qu'on attendait de lui. Il devait reproduire, le plus fidèlement possible, les gestes qui avaient été les siens dans ce véhicule à ce moment précis de la nuit. Ce à quoi nous assistâmes interloqua, j'en suis convaincu, tous ceux qui étaient présents. Pour ma part, je n'imaginais pas qu'il fût possible de porter les coups avec une telle violence dans la position dans laquelle il se trouvait", développe-t-il.

"L'audience aura, le moment venu, à dire comment et pourquoi. Pour l'heure, j'étais tétanisé. Je ne pouvais m'empêcher de penser aux parents de la fillette qui étaient à quelques mètres de moi" écrit-il encore.

J’ai passé des moments très difficiles avec ma conscience

L'avocat, interrogé par Midi Libre, explique que c'est "l'adrénaline" qui l'a poussé à accepter un tel dossier.

"Le rêve de tout avocat, c’est de faire acquitter un innocent quand tout l’accable. Être seul contre tous. Ce n’est pas très honorable, mais c’est humain. Lorsqu’on m’appelle pour prendre ce dossier, je suis convaincu que c’est la famille de l’enfant qui me demande. J’ai passé des moments très difficiles avec ma conscience, mais quand on est avocat, on ne refuse pas le dossier Lelandais", confie-t-il.

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