France

Karin Viard : « J’aime beaucoup maltraiter les bourgeoises, comme actrice »

Diabolique dans « Les Apparences », de Marc Fitoussi, la comédienne incarne une femme trompée qui, pour sauver la façade, manigance un plan redoutable.

Propos recueillis par Clarisse Fabre

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Karin Viard ne nous avait pas habitués à ce regard qui brûle d’une lueur inquiétante. Dans Les Apparences, de Marc Fitoussi, la comédienne a le sourire aux lèvres et des flammes logées au fond des yeux. Elle joue une femme trompée, mariée à un chef d’orchestre (Benjamin Biolay), à Vienne, en Autriche. En secret, elle échafaude un plan visant à « cramer » la jeune amante (Laetitia Dosch) et à sauver la façade de son couple devant les amis expatriés. L’actrice, née en 1966, est la pièce maîtresse de ce film noir, tirant les ficelles dans un mélange de puissance et d’égarement. Bientôt, on la verra incarner un autre type de bourgeoise, drôle et convertie au chamanisme dans L’Origine du monde, premier long-métrage de Laurent Lafitte (en salle le 4 novembre).

Comment cette première collaboration avec Marc Fitoussi s’est-elle nouée ?

Jusqu’à présent, j’avais refusé les rôles qu’il me proposait. Avec beaucoup d’humour et d’autodérision, il m’a envoyé le scénario de son dernier film, persuadé que je dirais non une fois de plus. Et là, j’ai accepté. J’avais le sentiment de n’avoir jamais joué ce rôle, j’ai senti que je pouvais mettre beaucoup de subtilité dans l’interprétation. Que fait-on de l’humiliation, de la peine, qui a tort, qui a raison dans ce genre de situation ? Marc Fitoussi a été ouvert à mes propositions, et je pense avoir un tout petit peu déplacé le curseur. Je lui ai suggéré que mon personnage vienne d’une origine assez modeste. Ça rend encore plus cruel le fait qu’elle puisse dégringoler socialement. Elle a tout à perdre, son homme et son rang. De même, je ne voulais pas simplement qu’elle « encaisse » et reste muette, mais qu’elle puisse exprimer à un moment son animalité. Pauvre Benjamin Biolay, il n’a pas oublié la scène ! Il a été délicieux. Quant à Marc Fitoussi, il est sorti de sa zone de confort dans ce film.

Comment avez-vous travaillé l’expression du sentiment de jalousie ?

La jalousie, je pense qu’on connaît, non ? Ce n’est pas la peine de lire des essais ou des thèses… C’est un sentiment ultra-archaïque que l’on éprouve depuis l’enfance. Ce n’est pas plus réservé aux femmes qu’aux hommes. C’est un très bon moteur pour les histoires, et c’est un sentiment excessivement négatif, qui n’amène que du malheur. C’est simple à jouer.

Mais il y a des variantes, et vous n’êtes pas votre personnage…

Je ne me pose jamais la question de qui je suis par rapport à mon rôle, ou comment j’aurais fait à la place du personnage. C’est une question vaine, en tout cas pour moi. En revanche, je dois comprendre mon personnage et ce qu’elle fait. Elle découvre qu’elle est trompée mais elle ne montre rien. Moi, il est vrai, j’aurais réveillé l’autre au milieu de la nuit et je lui aurais demandé : « C’est quoi ce bordel ! »

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