France

L'hôtellerie estime avoir été entendue par le gouvernement, tout en jugeant son aide insuffisante

Pour le secteur, les aides annoncées ce jeudi ne sauraient cependant atténuer véritablement l'impact des pertes enregistrées depuis le début de la crise sanitaire.

«Nous n'avons même pas été cités (lors de l'allocution présidentielle , NDLR)», s'exaspérait Laurent Duc, responsable de la branche hôtelière de l'Union des métiers et des industries de l'hôtellerie (UMIH) et propriétaire d'un hôtel à Villeurbanne (Lyon), mercredi. Et pour cause, la veille, Emmanuel Macron annonçait un assouplissement «en trois temps» des mesures sanitaires, sans un mot pour le secteur de l'hôtellerie. Le premier ministre Jean Castex a rectifié le tir ce jeudi. Les entreprises «dont les activités sont directement impactées par le confinement», et qui n'ont pas été fermé administrativement, comme les hôtels, pourront bénéficier de la nouvelle version du fonds de solidarité, a-t-il annoncé en fin de matinée. Le niveau d'aide sera «de 15 à 20%» en fonction des pertes subies à condition que «le chiffre d'affaires soit réduit au moins de moitié», a précisé Jean Castex.

«Enfin on parle des établissements qui n'ont pas été fermés administrativement !» s'exclame Didier Chenet, président du groupement national des indépendants hôtellerie et restauration(GNI), ce jeudi. «Nous sommes satisfaits d'avoir été entendus. Maintenant nous attendons du concret. Il y a souvent une grande différence entre les annonces et la réalité du terrain. D'autant que ces aides s'appliqueraient à partir du mois de décembre. Nous souhaiterions une prise en compte de l'ensemble des mois de fermeture de notre activité»», poursuit-il. «Nous remercions le premier ministre d’avoir pensé à nous. Sur du court terme, cela nous aide évidemment, mais nous aimerions des aides à plus long terme. Notre situation est délicate depuis le mois de mars. Une aide au mois de décembre ne sera pas suffisante», approuve Delphine Prigent, vice-présidente hôtellerie Paris 1 à 4 étoiles du GNI.

Pour Laurent Duc, responsable de la branche hôtelière de l'Union des métiers et des industries de l'hôtellerie (UMIH) et propriétaire d'un hôtel à Villeurbanne (Lyon), ces aides, «bien trop maigres», sont une «incitation à la fermeture». «Je souhaite seulement que les restaurants d’hôtels ouvrent pour leurs résidents. Je veux que nous puissions travailler», martèle-t-il. Lui désespère de voir le taux d'occupation de son établissement ne pas dépasser les 10% depuis le début de la crise et sa poignée de clients errer dans les couloirs, lorsqu'ils ne sont pas enfermés dans leur chambre.

L'«ambiguïté» de l'ouverture des hôtels

Depuis le début de la pandémie, le constat est le même pour l'ensemble des acteurs de la filière. L'autorisation d'exercer des hôtels, - contrairement aux restaurants qui font l’objet d’une fermeture administrative - prive le secteur d'aides. Or, les mesures sanitaires ont entraîné une fermeture déguisée, rappelle Laurent Duc, puisque «50% des hôtels en France ont fermé leurs portes de leur propre initiative», faute de clientèle. «Il y a une ambiguïté. Nous sommes ouverts administrativement mais nous sommes complètement vides», renchérit Delphine Prigent, vice-présidente hôtellerie Paris 1 à 4 étoiles du groupement national des indépendants hôtellerie et restauration (GNI). «Les hôtels sont les victimes collatérales de la suppression des événements sportifs et culturels, du télétravail et de la fermeture des restaurants », explique Didier Chenet.

Et la réouverture des commerces - prévue le 28 novembre -ne présage aucune amélioration pour le secteur. «Tant qu’il n’y aura pas de bars, cafés et restaurants, il sera très compliqué d'attirer la clientèle. Le président n’a pas parlé du tourisme ou d’une réouverture des frontières», rappelle Delphine Prigent. Et au sein même des établissements, difficile d’attirer les chalands. «Nos spas sont considérés comme des salles de sport et sont donc fermés. Laissons au moins les hôtels nourrir leurs clients», plaide Laurent Duc . «Sans restaurants aux alentours, la situation restera cauchemardesque. Quel intérêt de faire du shopping à Paris et d’avoir, au mieux un sandwich et une boisson en chambre ?» approuve Didier Chenet, président du GNI.

Le sort de la montagne fixé

Depuis le début de la semaine, les stations de skis attendaient une confirmation. «Il me semble impossible d'envisager une ouverture des stations de ski pour les fêtes de fin d'année», avait en effet déclaré Emmanuel Macron, mardi. Le premier ministre a ainsi confirmé ce qui semblait se profiler pour la montagne, indiquant que «la situation épidémique et la situation des hôpitaux, notamment en région Rhône-Alpes et Bourgogne-Franche-Comté, ne nous permettent pas d'envisager une ouverture des stations de sport d'hiver pour les vacances de fin d'année».

L'annonce présidentielle avait déjà sonné comme un «couperet» pour François Gauthier, représentant de l'hôtellerie au GNI en charge du «dossier montagne» et gérant d'un hôtel à Contamines-Montjoie (Haute-Savoie). En début de semaine, encore, «l’heure était aux préparatifs de la saison», regrette l'hôtelier. «Nous avions un carnet de commandes déjà clairsemé avec un taux de remplissage de nos établissements de montagne de 30% à 80%, selon le niveau de gamme. Depuis l'allocution, tout le monde a compris un arrêt total des stations de skis. Nous avons presque 100% d’annulation pour Noël et le jour de l’an», déplore l'hôtelier. Les mesures d'aides vont toutefois «dans le bon sens», salue-t-il. «Il va désormais falloir que nous réussissions, en très peu de temps, à faire venir les gens pour autre chose que du ski».

Hors des montagnes, l'hôtellerie de luxe ne décolère pas, malgré les quelques mots du premier ministre pour le secteur. «Les palaces vont attendre longtemps pour rouvrir. La clientèle des 5 étoiles est étrangère à 50%», explique Laurent Duc. «Nous avons entre 0 et 3% de taux d’occupation contre 80%, les autres années», précise Emmanuel Sauvage, coprésident de la branche prestige du GNI paris île-de-France.

Des chiffres qui ont des conséquences sur le positionnement français sur le marché de l’hôtellerie de luxe. «Nous prenons du retard. Les clients fortunés partent notamment à Dubaï pour les fêtes. L'aide proposée par le premier ministre est une ''blague''. Et en plus, on nous propose des aides en décembre alors que nous sommes contraints de fermer depuis 6 mois. Nous sommes complètement oubliés», déplore ce dernier.

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