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L’OMS veut mobiliser la planète contre le coronavirus

Ce n’était pas arrivé depuis la crise Ebola qui a touché la RD-Congo en 2018. Durant deux jours, à Genève, l’OMS a réuni 400 scientifiques, organismes de santé publique, ministères de la santé et bailleurs de fonds du monde entier.

Un forum exceptionnel destiné à établir une « feuille de route » commune pour la coordination internationale de la réponse au coronavirus de Wuhan. « Nous avons besoin de l’intelligence collective, de la perspicacité et de l’expérience de la communauté scientifique pour répondre aux questions pour lesquelles nous n’avons pas encore de réponse », a assuré l’OMS, par le biais de son service de communication, à l’issue de la première journée de rencontres.

L’enjeu majeur est de lever des fonds

Finalement baptisé Covid-19, comme annoncé par le directeur général de l’OMS, Tedros Adhanom Ghebreyesus mardi 11 février en fin de journée, le nouvel acronyme évite ainsi de stigmatiser une région ou un groupe de personnes, contrairement au nom Ebola, inspiré par une rivière congolaise.

L’OMS ne s’en est pas caché : l’un des enjeux principaux de ces rencontres est de lever des fonds pour accélérer la réponse au virus. L’organisation estimait avoir besoin en tout de 620 millions d’euros : 28 millions pour la coordination internationale, 588 millions pour les plans de préparation des différents pays et les opérations d’intervention, et environ 4 millions pour la recherche et l’innovation. La fondation Bill et Melinda Gates a déjà annoncé une contribution de 100 millions de dollars (91,91 millions d’euros).

Le développement d’un vaccin n’est pas l’unique levier contre le virus

Les premiers vaccins pourraient être prêts dans 18 mois, a annoncé le directeur de l’OMS, mardi 11 février. « En attendant, nous ne sommes pas sans défense. Le développement d’un vaccin est un des aspects importants, mais pas l’unique levier de lutte contre le virus », a-t-il tenu à rassurer.

Soumya Swaminathan, cheffe de l’équipe scientifique de l’OMS, a souligné, pour sa part, combien il était « essentiel que des chercheurs et fabricants de vaccins chinois soient présents au forum, cette semaine, et impliqués dans chaque étape du processus, puisque la majorité des cas se trouve actuellement en Chine ». Bien qu’encore difficiles à déterminer, les pertes causées par le COVID-19 sur l’économie chinoise se chiffreraient déjà en dizaines de milliards de dollars.

L’OMS a confirmé travailler jour et nuit sur le virus

Si les participants étaient invités par les organisateurs à ne pas s’exprimer avant mercredi 12 février au soir, autrement dit la fin de la deuxième journée de réunion, sur le contenu de celle-ci, le représentant d’une fondation caritative britannique spécialisée en médecine a assuré que l’ambiance de travail était « bonne » et que le rapport final consisterait essentiellement en un « plan d’action ciblé ». L’OMS a confirmé pour sa part travailler sur la question « 24 heures sur 24 ».

Contrairement au rôle controversé joué par l’OMS pendant l’épidémie Ebola qui avait touché l’Afrique de l’Ouest en 2014-15, l’organisation semble, avec la crise du COVID-19, avoir gagné en réputation et en légitimité. « Ces cinq dernières années, l’OMS a réussi à restaurer son autorité avec la création de nouveaux programmes d’urgence », analyse Suerie Moon, la co-directrice du Centre de Gouvernance Globale de Genève. « Dans cette crise, on a pu voir le directeur de l’OMS prendre la tête des opérations, notamment au niveau politique, puisqu’il s’est déplacé en Chine pour rendre visite au président Xi Jinping. Par ailleurs, l’OMS communique au moins une fois par jour, et parfois deux à trois fois. L’organisation a vraiment amélioré son image dans la gestion de cette épidémie ».