France

La chronique philo de. Cynthia Fleury. Ordre brutal

Le terme de « violences policières » n’a jamais été aussi présent dans le débat public, images à l’appui, alors même que le projet de loi de « sécurité globale » est contesté de toutes parts : demande de retrait des articles 24, qui pénalise la diffusion malveillante d’images de policiers, 20, 21 et 22 sur l’usage des caméras-piétons et des drones, et du nouveau Schéma national du maintien de l’ordre (SNMO).

La lutte contre la banalisation de la surveillance généralisée des citoyens se poursuit et la limitation du droit à informer. Olivier Fillieule et Fabien Jobard reviennent dans Politiques du désordre. La police des manifestations en France (Seuil, 2020) sur l’histoire des protocoles du maintien de l’ordre. C’est à la fin du XIXe siècle que les techniques de maintien de l’ordre s’inventent, notamment après l’épisode sanglant du massacre opéré par les soldats de Thiers à l’encontre des communards. Elles se consolident avec la création d’une force spécialisée en 1921 au sein de la gendarmerie nationale : la gendarmerie mobile. Suit, pour la police nationale, la création des compagnies républicaines de sécurité (CRS). Il faudra attendre le massacre de Charonne (1962) pour que s’enclenche ensuite une désescalade de la violence. Les auteurs rappellent que, depuis les années 1980-1990, la gestion des protestations collectives suit un triple modèle : sous-application de la loi (non-exécution systématique des dispositions répressives), partenariat en amont et pendant l’événement et collecte massive d’informations sur les groupes appelés à se réunir. En revanche, les années 2000 ont vu une évolution technique des matériels préoccupante, certes face à une montée en puissance des « violences urbaines » (sont-elles sociales ou urbaines ?). Autre évolution qui complexifie la donne : la nature des groupes contestataires s’est modifiée, les syndicats étant moins présents, donc moins encadrants. La mouvance « anarcho-autonome » s’est amplifiée, les gauches radicales et la résurgence de groupuscules d’extrême droite. Indépendamment de l’évolution du contexte social et du renforcement « technique » du maintien de l’ordre, Fillieule et Jobard se focalisent sur trois aspects cruciaux de la brutalisation de ce dernier : « L’érosion des capacités traditionnelles de maintien de l’ordre sous l’effet des politiques de restriction budgétaire, en lien avec le recul de la formation, initiale comme continue ; le poids de l’expérience des violences urbaines dans l’idéologie pro­ fessionnelle des policiers et ses conséquences sur la perception du partage entre manifestation et émeute ; le mouvement continu de judiciarisation du maintien de l’ordre. »

Enfin, l’omerta et le déni priment car la police opposerait « une résistance au projet de connaître » (Jean-Paul Brodeur) : la « sociologie de pré­fecture » se faisant l’écho servile de l’institution. La conclusion n’est guère plus réjouissante : à l’avenir le mouvement répressif et les facilités de l’état d’urgence devraient achever le sens que la manifestation avait socialement.

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