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France

Le bon tour de Thibaut Pinot

Ne pas vendre la peau de l’ours des Pyrénées avant de l’avoir aperçu. C’est jeudi 18 juillet, dans les cols de première catégorie à proximité de Bagnères-de-Bigorre, situé dans le bien nommé département des Hautes-Pyrénées, qu’on saura si les pétards allumés par Julian Alaphilippe et Thibaut Pinot, les héros français de l’étape du samedi 13 juillet, sont toujours opérationnels. Sans compter le troisième larron tricolore, Romain Bardet, qui aura peut-être lui aussi décidé de mettre le feu à la Haute-Loire, en arrivant chez lui à Brioude lors de l’étape de dimanche 14 juillet.

Le curé cycliste aux 200 Tours de France

À l’arrivée à Saint-Étienne, samedi 13, après avoir récupéré la tunique jaune grâce à son époustouflante échappée en compagnie de Thibaut Pinot, Julian Alaphilippe n’a pas survendu ses qualités de chasseur d’ours des montagnes, qu’elles soient pyrénéennes ou alpines, pour les derniers jours avant l’arrivée à Paris. Le héros de cette première semaine le répète à tous les micros : il n’est pas taillé pour la répétition des cols qui fait ou défait les maillots jaunes à Paris.

« La haute montagne n’est pas encore arrivée, restons équilibrés », tempérait aussi Julien Pinot, frère et entraîneur du champion franc-comtois. Après son exploit samedi, une meute de reporters du monde entier s’était agglutinée autour du bus de l’équipe Groupama-FDJ, où Thibaut Pinot tentait de trouver un peu de fraîcheur climatisée. « Les gars, faut vous calmer, a lancé dans un sourire Philippe Mauduit, le directeur sportif de l’équipe. C’est un beau numéro, mais on ne s’emballe pas. »

Une nouvelle science de la course

Éternel espoir échaudé craignant la douche froide d’une défaillance, ou d’un de ces vilains virus auxquels il est souvent sujet, Thibaut Pinot est sur la même ligne : « Je suis en grande forme mais il reste deux semaines », concède-t-il… Tout en étant conscient d’avoir marqué les esprits dans les trois examens de passage proposés jusqu’ici : le contre-la-montre par équipes à Bruxelles, l’arrivée en haut de la Planche des Belles filles et sur le tracé diabolique entre Mâcon et Saint-Étienne.

Avant le départ du Tour, Thibaut Pinot et Romain Bardet la jouent modestes

Chaque fois, le grimpeur a marché fort et couru juste, montant dans les bons trains à la bonne heure. En sautant dans la roue de Julian Alaphilippe samedi 13, il n’ignorait pas que l’équipe Ineos des deux grands favoris, Geraint Thomas (le vainqueur sortant) et Egan Bernal, se relevait tout juste d’une chute groupée qui aurait pu changer la face de ce Tour de France. Un peu agacé de la mésaventure de ses poulains, le directeur sportif de l’équipe Ineos, le Français Nicolas Portal, a d’ailleurs fait l’honneur à Thibaut Pinot d’une remarque acide après l’arrivée : « Il n’y a pas que lui, mais pour le moment il y a surtout lui… »

Cyrille Guimard le voit sur le podium

C’est vrai, Thibaut Pinot est sur le podium, mais le Britannique et le Colombien sont juste derrière. Et pourraient ne pas le rester, dans les Pyrénées. C’est ce que pronostique le vieux routier Cyrille Guimard : « Avec Bernal, Thomas et lui, j’ai l’impression que le podium se détache », soutient l’ancien coureur, qui suit le tour pour RMC. Il y a quelques années, l’ex directeur sportif de Bernard Hinault et Laurent Fignon expliquait que les limites de Thibaut Pinot étaient dans sa tête plus que dans ses jambes. Il semble avoir aujourd’hui changé d’avis : « Son comportement en course a changé, son autorité est démontrée. Il est épanoui. On a un Thibaut qui ne se pose plus de questions », assurait-il après l’arrivée de Saint-Étienne.

Plus de questions ? En tout cas plus celles qui minent depuis des années Thibaut Pinot et Romain Bardet, les deux meilleurs Français : lequel sera capable de succéder enfin à Bernard Hinault, dont la victoire, la dernière d’un Français, remonte à 1985 ? Thibaut Pinot semblait le mieux parti pour ouvrir le bal après sa troisième place en 2014, Romain Bardet ayant ensuite pris le relais, montant sur la deuxième marche en 2016 puis sur la 3e en 2017. Mais en 2018, plus rien, ou presque : Thibaud Pinot avait renoncé à prendre le départ, après un abandon sur le Giro ; meilleur Français, Romain Bardet s’était, lui, classé 6e.

Jusqu’à cette édition 2019 épatante, donc. Laquelle rappelle le Tour 2004, où deux Français occupaient le podium juste avant les Pyrénées : Thomas Voeckler, 1er, et Sandy Casar, 3e. Aux Champs-Élysées, ils avaient fini respectivement 18e et 16e. De quoi garder la tête froide après l’embrasement du week-end.

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