France

Le « confinement show » des stars sur les réseaux

Les artistes désormais privés de public se livrent à une surenchère de happenings plus ou mois réussis sur le Net. Une sorte de concert des Enfoirés géant mais avec des chanteurs mal coiffés.

Par Nicolas Santolaria

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Jean-Jacques Goldman a transformé son tube « Il changeait la vie » en « Ils sauvent des vies », ode aux soignants. Capture d'écran YouTube/Jean-Jacques Goldman

Mal rasé, une énorme écharpe autour du cou, Fabrice Luchini prend la parole sur Twitter le 23 mars, dans une vidéo vue par plus de 187 000 personnes : « J’entendais inlassablement le mot “confinement” et ça m’a rappelé une fable de La Fontaine. Cette fable parle du confinement d’un amateur de jardin et d’un ours, qui n’en peuvent plus d’être seuls. La Fontaine dit : La raison d’ordinaire n’habite pas longtemps chez les gens séquestrés. » Long silence, mine de naufragé domestique, suspense. « Donc, poursuit le comédien avec l’air contrit de celui qui annonce une terrible nouvelle, je vais faire des fables tous les deux-trois jours, c’est tout petit comme participation, mais je vais faire L’Ours et l’amateur des jardins. »

Même confiné, Fabrice Luchini est loin d’être un cas isolé. Il fait partie de ces innombrables people qui, via les réseaux sociaux, se proposent d’enchanter bénévolement notre quarantaine depuis leur chez eux transformé en home-studio.

« L’enfer c’est les autres, disait Sartre. Eh bien aujourd’hui, l’enfer, c’est de ne plus être sous le regard des autres. A travers la mise en scène de leur intimité, les stars recherchent avidement ce regard, comme une drogue dont ils ne pourraient pas se passer, quitte à s’exposer à des jugements négatifs », analyse le sémiologue François Jost, auteur de l’ouvrage Le Culte du banal (CNRS éditions, 2013).

Patrick Bruel se casse la voix

Alors que l’on aurait pu imaginer le confinement comme une occasion inédite de se replier pudiquement en son cocon domestique, c’est tout le contraire qui s’est passé : au temps de l’extimité, cette période d’enfermement obligée est devenue un happening géant, une sorte de maxi concert des Enfoirés qui connaîtrait chaque jour d’incontrôlables répliques sismiques. Jugez plutôt.

Depuis le début de l’épidémie, Patrick Bruel, cheveux en pétard et barbe de trois jours, remplit des Stade de France virtuels depuis son salon où il multiplie les live diffusés sur Facebook. Interprété à la guitare sèche, Casser la voix a ainsi totalisé 735 000 vues. Entre deux titres, l’artiste, empêtré il y a quelques mois dans des affaires d’exhibition et de harcèlement sexuel, cite le dalaï-lama (« Celui qui ne se préoccupe que de lui finit dans la souffrance »), célèbre les « héros » du quotidien (infirmières, routiers) et répond, l’œil humide, aux questions des internautes.

Même ambiance de communion intimiste et même bannière (#ensembleàlamaison) du côté de Francis Cabrel qui, « pour tromper l’ennui de ces longues journées de reclus et de recluses », interprète chaque jour un titre de son répertoire, relayé par le compte Facebook du label Baboo Music. Comme s’il inoculait au public un antidote sonore, c’est avec Bonne nouvelle que le barde d’Astaffort a inauguré ce concert perlé.

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