France

Le léger mieux de l’emploi indépendant

Il est encore trop tôt pour savoir si l’inversion de tendance durera mais elle est là : le nombre de travailleurs indépendants augmente alors que les contrats courts, intérim et CDD, reculent. L’Insee, qui publie sa photographie du marché du travail jeudi 20 février, relève que 12 % des personnes en emploi en France exerçaient comme indépendantes, un record depuis vingt ans. Il s’agit essentiellement d’hommes seniors qui remplissent des activités de services.

Moins d’agriculteurs, plus de libéraux

Longtemps dominant en France, l’emploi indépendant a cédé la première place face au salariat dans les années 1930, avec l’industrialisation et le développement des grandes surfaces dans le commerce. D’un peu moins de cinq millions de personnes au début des années 1970, le nombre d’indépendants avait atteint un plus bas dans les années 2000, avec à peine plus de deux millions.

Les agriculteurs, qui représentaient encore 7 % des travailleurs en France au début des années 1980, ne comptaient en 2019 plus que pour 1,5 % des emplois. Le déclin est plus léger chez les artisans et commerçants, qui restent autour de 7 %. En réalité, « nous assistons depuis plusieurs décennies à une transformation des indépendants, avec nettement moins d’agriculteurs et de plus en plus de professions libérales », confirme Yves Jauneau, de la division « emploi » de l’Insee.

Des services de santé en plein essor

L’essor des autoentrepreneurs et des « nouvelles » professions libérales a permis de faire repartir légèrement à la hausse l’emploi indépendant. Dans un précédent focus sur cette forme d’activité, publié en 2019, l’Insee avait montré que « soutenues par des besoins liés à la croissance démographique et au vieillissement de la population, les professions d’infirmiers et professionnels de la rééducation progressent nettement », de même que tous métiers du secteur médico-social non réglementés, comme les psychologues, les thérapeutes etc.

Même s’il se développe à grande vitesse pour des activités liées aux plateformes numériques, le statut d’autoentrepreneur reste majoritairement utilisé pour des activités plus traditionnelles, de coiffeur à traducteur en passant par les coachs sportifs. Sur les 3,1 millions d’indépendants en France en 2016, 860 000 étaient autoentrepreneurs.

Sans que les statisticiens sachent s’il s’agit d’un effet de « sortie de crise » ou d’une bascule vers le statut d’autoentrepreneur, les contrats courts, eux, marquent un recul pour la deuxième année consécutive. En 2019, 11,5 % des travailleurs occupaient un CDD ou une mission d’intérim. Des chiffres qui ne doivent pas conduire à oublier la norme : trois quarts des Français en emploi étaient en CDI en 2019.

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Toujours plus de cadres

20 % des travailleurs étaient cadres en 2019, alors que ce statut représentait moins de 8 % de la main-d’œuvre au début des années 1980. Sans grande surprise, les cadres sont plutôt des hommes, et plutôt en fin de carrière.

Le nombre d’ouvriers non qualifiés a été divisé par deux en quarante ans, pour ne représenter que 6,8 % des personnes en emploi en 2019.

Les femmes occupent la majorité des emplois non qualifiés. Le déclin des ouvriers non qualifiés a, semble-t-il, profité aux hommes qui occupent désormais des fonctions intermédiaires ou confirmées.