France

Les Canaries ont le blues du tourisme de masse

Déserté par les visiteurs en raison de la crise sanitaire, l’archipel espagnol n’a pas l’intention de remettre en cause son exemple de développement basé sur le nombre pour se tourner vers un modèle plus soutenable et éthique.

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LETTRE DE MADRID

Boris Johnson sait-il l’effet que ses déclarations produisent dans les îles Canaries ? Dans l’archipel espagnol, lorsque le premier ministre britannique a annoncé, fin octobre, le confinement à domicile, le patron d’un bar d’Arguineguin, dans le sud de Grande Canarie, qui suivait les informations à la télévision, a pris sa tête entre les mains et s’est effondré en larmes. Et pour cause : les Canaries venaient tout juste de sortir de la liste des destinations imposant une quarantaine au retour.

Ces dernières semaines, personne, du petit patron de restaurant au président du gouvernement régional, ne parlait d’autre chose que de la date du 2 décembre et du début du plan de déconfinement au Royaume-Uni, voulant y voir la promesse d’un retour en masse des touristes et d’un avenir moins sombre : les Britanniques représentent en effet près de 40 % des visiteurs.

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Et malheur à celui qui oserait saisir l’occasion de la crise sanitaire pour remettre en cause le tourisme de masse aux Canaries. L’archipel espagnol situé face aux côtes africaines, au climat doux toute l’année, n’est pas préparé à reconnaître les maux du modèle qui s’est développé sur ses îles dès les années 1960.

Alors qu’ailleurs en Espagne l’épidémie de Covid-19 a suscité ou replacé à l’ordre du jour une réflexion déjà ébauchée – comme en Catalogne ou aux Baléares –, pas question aux Canaries d’admettre les conséquences néfastes pour l’environnement mais aussi l’économie. Pas question de critiquer le « tourisme de la cuite » et ces tour-opérateurs qui commercialisent des séjours low cost tout compris, alcool inclus, ni les autres travers du secteur. Ici, les hôteliers balaient avec emphase tout débat et sont bien loin de penser au « monde d’après ». Ils veulent tout simplement revenir au monde de « juste avant ».

« Avant, nous étions les plus pauvres »

« Les Canaries vivent du tourisme de masse », tranche ainsi Nicolas Villalobos, patron de la chaîne Cordial Hotels, assis devant la piscine et les bungalows tristement désertés de son resort Cordial Biarritz de Maspalomas, dans le sud de Grande Canarie.

Selon les chiffres, l’archipel tire en effet directement du secteur 35 % de son produit intérieur brut (PIB) et 40 % de ses emplois. « Avant que le tourisme ne se développe, nous avions toujours été les plus pauvres, les plus isolés, les plus fragmentés. Nous étions dépourvus de débouchés pour vendre nos produits, sans richesses, hormis les cultures du tabac et du sucre… Nous mangions des coquillages et le peu que l’on produisait, rappelle Nicolas Villalobos. Nous étions fondamentalement destinés à émigrer pour trouver un avenir meilleur et, de fait, nous partions au Venezuela ou à Cuba chercher fortune. »

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