France

Les enfants roms, victimes du « largage scolaire »


Face à la crise sanitaire, le collectif Roms de Gardanne, né fin 2012 avec l’accueil par la commune d’une douzaine de familles, doit redoubler d’efforts pour venir en aide aux enfants, victimes du décrochage scolaire.


Aujourd’hui, l’éducation a un rôle majeur car les parents sont pour la plupart enfermés dans l’analphabétisme. L’intégration passe par leurs enfants et donc l’école », explique Didier Bonnel, président du collectif Roms de Gardanne. Après huit ans d’accompagnement, le collectif n’est pas moins actif qu’à ses débuts.

Des enfants non « décrocheurs » mais « décrochés »


C’est en 2012 qu’il se forme, lorsque le maire PCF de la commune, Roger Meï, décide de « prendre [sa] part d’humanité » et d’accueillir environ 80 Roms jusqu’alors victimes d’expulsions violentes et successives dans d’autres communes du département. Après avoir occupé un terrain prêté par la mairie, le Puits Z, les douze familles ont quasiment toutes été relogées en 2015, dont l’une à Gardanne, d’autres à Marseille, en Lozère et même jusqu’en Irlande ou pour d’autres encore, en Roumanie.
Depuis huit ans et malgré la fermeture du camp du Puits Z, le collectif roms poursuit ses actions. L’intégration et l’autonomie en sont les maîtres-mots, et cela passe par la scolarité des enfants roms. Un parcours semé d’embûches en temps normal, puisque « la grande majorité des élèves roms sont en deçà du niveau attendu pour leur âge », poursuit Didier Bonnel.
Plongés dans un retard scolaire, ces enfants pourraient bien s’y noyer en raison de la crise sanitaire. « Pour les petits Roms, le décalage avec les autres élèves va être monstrueux à la rentrée », alerte le président du collectif. En effet, les parents ne savent pas lire pour la grande majorité et ne peuvent donc pas assurer le suivi des devoirs. « Ces enfants ne sont pas décrocheurs mais décrochés », déplore-t-il.

La fracture numérique n’arrange rien


Pourtant, l’organisation n’a cessé de déployer ses efforts pour éviter le décrochage scolaire. Christine Roux, membre de la commission éducation du collectif, suit les enfants de deux familles de Gardanne. Durant le confinement, « ils ont eu des devoirs adaptés et j’ai essayé de les aider au téléphone ».
Malgré tout, cette période rime avec « largage scolaire ». Et pour cause, « ces familles subissent ce qu’on appelle la fracture numérique, les enfants n’ont qu’un téléphone à leur disposition et pour capter il faut aller sur le palier... »
Des conditions donc peu propices à l’assiduité scolaire. Cependant, la reprise n’est pas gage de solutions, « j’ai discuté avec un père dont l’enfant est en CM2, il ne le remettra pas à l’école pour le moment. Il ne veut pas prendre le risque d’attraper le virus car il faut une couverture maladie ».
Si certains Roms ont repris le chemin de l’école, la situation risque donc bien de s’aggraver pour ceux qui s’en éloignent.


Suzanne Prez

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