France

« Les Ombres de la Toile », de Chris Brookmyre : la geek et le folliculaire

Le romancier écossais signe un technothriller captivant autour d’une jeune hackeuse et d’un reporter sur le retour, beau duo improbable.

Par Macha Séry

Temps de Lecture 2 min.

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« Les Ombres de la Toile » (Want You Gone), de Chris Brookmyre, traduit de l’anglais (Ecosse) par David Fauquemberg, Métailié, 534 p., 22 €, numérique 13 €.

Quasiment frappé d’obsolescence dans les années 1980, déjà rangé au rayon des vieilles lunes, le roman d’espionnage ne cesse de se réinventer, fidèle en cela à la nature profonde du genre : le travestissement. Le nouvel ouvrage de l’Ecossais Chris Brookmyre, Les Ombres de la Toile, qui multiplie les emprunts d’identité et les techniques d’infiltration, en est un brillant exemple. Ses protagonistes – un journaliste d’investigation et une jeune hackeuse – rappelleront fatalement Mikael Blomkvist et Lisbeth Salander, le duo de la saga Millénium. Quoique éprouvée, cette association mixte et intergénérationnelle, dissonante et complémentaire, conserve ici tout son attrait. D’autant que, en dehors de son talent à forcer les pare-feu (comme on perce des coffres-forts) et ses exploits de lanceuse d’alerte, Samantha Morpeth, 19 ans, ne ressemble en rien à la cyberpunk créée par Stieg Larsson.

Depuis l’incarcération de sa mère pour détention de stupéfiants, Samantha a dû arrêter le lycée, tirer un trait sur ses projets universitaires, travailler dans une sandwicherie et s’occuper de sa petite sœur handicapée placée en institut de jour. Quant à son coéquipier quinquagénaire, Jack Parlabane, déjà croisé chez Brookmyre (Sombre avec moi, Métailié, 2019), il est davantage guidé par la nécessité de redorer une carrière en berne que par une quelconque idéologie. Le reporter, qui a eu son heure de gloire, traîne, en effet, quelques casseroles ayant entaché sa réputation. Mais il vient de retrouver du travail dans un site branché d’information en ligne, grâce à l’interview exclusive d’un dénommé Buzzkill, membre d’un collectif de pirates informatiques qui viennent de réussir un coup retentissant.

Compagnons de hasard et de nécessité

Las ! ce scoop a un prix que Buzzkill, acculé par un maître chanteur, vient réclamer : « Quelle partie de moi vous surprend ? Suis-je un peu trop jeune, un peu trop femme ou un peu trop noire ? », demande Samantha Morpeth, alias Buzzkill, lors de sa première rencontre physique avec Jack Parlabane. Ces compagnons de hasard et de nécessité n’ont d’autre choix que d’accepter une mission de haut vol imposée par un mystérieux correspondant : dérober un prototype technologique annoncé comme révolutionnaire. Pour cela, il leur faudra faire des repérages, se déguiser en techniciens, bonimenter au téléphone, prendre le contrôle de l’informatique qui commande les systèmes de sécurité, en débusquer les failles, éplucher les messageries internes, tirer opportunément profit d’éventuelles mises à jour, infiltrer, çà et là, des programmes malveillants, désactiver les alertes et enfin s’introduire physiquement dans la forteresse bien gardée…

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