France

Les patrons de TPE et PME ne sont pas « en mesure de garantir la santé » de leurs salariés. Les explications de Jean-Eudes du Mesnil, secrétaire général de la Confédération des petites et moyennes entreprises (CPME)

Le confinement a frappé durement le secteur productif. Quelle est l’ampleur du choc pour les TPE et PME que vous représentez ?

Jean-Eudes du Mesnil. Elle est colossale. Certains secteurs sont totalement à l’arrêt. D’autres vont devoir faire de même du fait de la suspension des chantiers, y compris publics, ou tout simplement parce que les entreprises ne sont pas en mesure de garantir la santé de leurs salariés. Nous avons également des remontées plus surprenantes. Dans le secteur de l’alimentation, par exemple, il y a des boulangeries qui enregistrent une baisse de leur activité de 40 %, ou des hypermarchés, situés dans la périphérie des villes, qui ont vu leurs ventes diminuer de 30 % avec le confinement. Le choc brutal initié par le confinement provoque des baisses d’activité en cascade.

Le gouvernement pousse à la poursuite des activités, qu’elles soient essentielles ou non. Comment percevez-vous ce message ?

Jean-Eudes du Mesnil. Le message du gouvernement est contradictoire. D’un côté, il dit aux salariés de rester chez eux et, de l’autre, de sortir pour ceux qui ont une activité incompatible avec le télétravail. Si je comprends que certaines activités sont essentielles à la survie du pays, il n’en est rien pour les autres activités. Or, les chefs d’entreprise ne sont pas en mesure de garantir la santé de leurs salariés. C’est même illusoire de croire que les gestes barrières sont suffisants. Sans compter que nous n’avons pas le matériel nécessaire à leur protection ni les moyens de l’avoir.

Le gouvernement a mis en place une palette de mesures pour empêcher les entreprises de faire faillite. Vous semblent-elles suffisantes et efficaces ?

Jean-Eudes du Mesnil. Le gouvernement a mis des moyens massifs pour épauler les chefs d’entreprise. Jusqu’ici, le report de charges sociales et fiscales a plutôt bien fonctionné. En ce qui concerne le chômage partiel, inscrire 100 % des salariés qui ne peuvent pas télétravailler dans le dispositif est en réalité beaucoup plus compliqué que sur le papier. Nombreux sont les chefs d’entreprise qui n’arrivent pas à se connecter à la plateforme ou qui ne parviennent pas à obtenir les codes. De plus, les entreprises doivent payer les salariés avant d’être remboursées. Or si, pour le mois de mars, la trésorerie devrait être suffisante, la situation au mois d’avril sera bien plus préoccupante. Aux banques de jouer leur rôle pour permettre aux entreprises de faire face.

À ce titre, le gouvernement a mis en place un plan de garantie d’État de 300 milliards d’euros pour soutenir la trésorerie des entreprises. Cela devrait-il les inciter à le suivre ?

Jean-Eudes du Mesnil. Nous n’avons pas assez de recul, le dispositif n’est opérationnel que depuis quelques jours. Néanmoins, selon les remontées de nos adhérents, certaines banques, que je ne nommerai pas, demandent en plus des garanties de l’État des garanties personnelles. Je serai très vigilant sur ce point.

Pourquoi souhaitez-vous la mise à contribution des assureurs ?

Jean-Eudes du Mesnil. Les chefs d’entreprise paient une prime d’assurance pour être protégés contre ce qu’on appelle une perte d’activité. Lorsqu’il y a une catastrophe climatique, le gouvernement établit un périmètre et les entreprises de ce périmètre qui y ont souscrit sont remboursées. Nous souhaitons que le Covid-19 entre dans ce cadre. Une pétition (« Sauvons nos restaurants et producteurs ! » - NDLR), lancée par de grands chefs cuisiniers, a recueilli, de mémoire, plus de 80 000 signatures. Mais, pour l’instant, le gouvernement s’y oppose et nous répond qu’il réfléchit à une clause de risque sanitaire pour l’avenir.

Comment envisagez-vous la reprise ?

Jean-Eudes du Mesnil. On ignore tout des conditions sanitaires de cette reprise. Il est fortement probable qu’elle se fera en sifflet, avec une consommation qui ne repartira pas immédiatement. Les entreprises seront fortement endettées, sans compter l’ensemble des factures d’eau, d’électricité, de gaz, de charges reportées qu’elles devront honorer. Elles n’auront pas d’autres choix que de faire des économies. On s’attend à des licenciements et à moins d’investissements. Même si on fera tout pour l’éviter.

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