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Maître ès polémique

Maître ès polémique

On a beau faire, dans l’actualité et dans nos têtes, « Le » virus occupe toute la place, jusqu’à éclipser trop vite les drames continus de notre monde : les autres épidémies, les migrants de Lesbos, les convulsions politiques qui touchent des pays d’Afrique ou d’Amérique latine, les incendies qui ravagent la côte pacifique des États-Unis, du sud jusqu’au nord, après avoir atteint l’Australie, la Sibérie ou l’Amazonie. Des températures records ont été observées, les surfaces détruites sont déjà multipliées par deux, alors que les feux ne sont pas encore éteints. Le réchauffement climatique s’observe au plus près.

Les photos d’incendie – flammes, fumées sombres et paysages nappés d’une même couleur orangée – sont affreusement esthétiques. Telle l’image du pompier en page une de la même édition, si fragile au milieu du sous-bois embrasé, l’eau de sa lance semblant une flamme de plus. Mais l’illustration choisie pour les pages 2-3 met en scène les habitants, ceux qui suffoquent. Et, regardons bien, ces gens-là filment ou photographient. Rien ne se passe aujourd’hui, décidément, sans que quelqu’un ne l’enregistre sur son téléphone. Est-ce le besoin de garder une trace, de dénoncer un scandale parfois, est-ce du cynique voyeurisme ou la tentative de mettre à distance la réalité en se retranchant derrière un écran, fût-il celui de son téléphone ?

Les incendies américains, dévastant des États gouvernés par les démocrates, prennent une tournure politique, à quelques semaines de l’élection présidentielle du 3 novembre. Climatoscepticisme, responsabilités fédérales et négligences locales dans l’entretien des forêts : tout est bon pour alimenter les débats, ou plus exactement la polémique, le président Donald Trump étant un champion toutes catégories – tour à tour provocateur et victime – de ce mode affligeant d’animation d’une campagne électorale. À noter ainsi l’intervention où il met une fois de plus en doute les avis scientifiques sur le dérèglement climatique. Ça refroidira, promet-il, tout comme il promet l’arrivée rapide, c’est-à-dire avant l’élection, d’un vaccin anti-Covid.

Par ses propos à l’emporte-pièce, jamais Donald Trump ne déçoit ses contempteurs, notamment de ce côté-ci de l’Atlantique. Est-il vraiment convaincu de ce qu’il dit ? On n’ose le croire. Est-ce stratégie de sa part de jouer l’homme simple, pragmatique et prétendument de bon sens face aux intellectuels de tout poil ? On craint d’y croire.

Il sait qu’une partie des Américains, sa base électorale, a besoin d’être rassurée, d’être sûre que son modèle de vie ne sera jamais remis en question, que l’Amérique ne craint ni un virus ni la crise climatique, que l’Amérique est grande. Attaquant l’enseignement « gauchiste » dispensé dans les écoles, Donald Trump promet d’ailleurs une commission qui dira « la vérité sur la grande histoire » de la nation américaine.

Mais ces électeurs ne mesurent pas que cette Amérique enfermée sur elle-même, précisément parce qu’elle est grande, que son retrait de tous les lieux de coopération internationale pour protéger l’environnement, la santé ou la paix, représentent une menace pour eux-mêmes. Du danger, au sens propre, de jouer avec le feu.

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