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France

MMA - Mondiaux - Mondiaux : le MMA, une affaire princière à Bahreïn

Quand on quitte l'hiver français naissant pour atterrir 5 000 km plus au sud et à l'est, en pleine nuit, et que l'on est happé par 25° et une humidité qui n'a rien à envier à Bangkok, on se sent quelque peu dépaysé. Les forages off-shore, les énormes containers qui traversent le Golfe persique, le sable qui se glisse partout et la lagune qui imprime la rétine finissent, au matin, de vous convaincre que vous avez fait un bout de chemin.

Bienvenue à Bahreïn, petit royaume pétrolier en plein essor : il faut 2,50 euros pour acheter un dinar, les chantiers de construction pullulent et les larges avenues qui quadrillent les îles de l'archipel n'ont pas un nid-de-poule. Voilà pour le cliché carte postale. Seule l'omniprésence de l'anglais, sur tous les murs et panneaux publicitaires, rappelle la lointaine Europe et la volonté d'exister dans un monde globalisé.

Un prince qui porte le crachoir ? Il faut le croire

Bahreïn, c'est aussi la capitale mondiale du MMA amateurs depuis trois ans. Par la volonté d'un seul homme. Et pas n'importe lequel. Le prince Khalid Ben Hamed Al Khalifa, féru de sports en général et, donc, des arts martiaux mixtes en particulier. « Il faut le voir courir autour de la cage avec la serviette et le seau pour éponger le combattant », se remémore Bertrand Amoussou, co-président du Comité Français du MMA et membre de la Fédération internationale (IMMAF-WMMAA).

Un prince qui porte le crachoir ? Il faut le croire. Son Excellence a même délaissé la passion familiale, les chevaux, pour ceux qui les lâchent dans la cage. « C'est un véritable passionné », poursuit Amoussou. Rien d'anormal donc à ce qu'il préside la cérémonie d'ouverture des Championnats du monde débutée avec pas mal de retard, l'exactitude n'étant pas la politesse des princes. Mais il sait toutefois mettre les formes dans l'organisation.

« Notre rêve est de devenir un sport olympique en démonstration en 2028 »

Kerrith Brown, président de l'IMMAF

Les neuf bus transportant les artistes martiaux depuis leur hôtel jusqu'au complexe multisport Khalifa Sports City roulaient sur tapis rouge : escorte policière et gyrophare, rues bloquées à leur passage... Un traitement de chef d'État qui contraste avec les 1 000 dollars promis au vainqueur dans chaque catégorie. « De quoi s'acheter un iPhone neuf », souffle un combattant.

Sitôt le prince arrivé, escorté du président de l'IMMAF Kerrith Brown, l'audience s'est levée et une fanfare au grand complet a fait retentir l'hymne du Bahreïn. Dans les travées, un marchand ambulant, comme jadis les ouvreuses au cinéma, bradait boissons presque fraîches et chawarma quand dans la tribune en face, celle des VIP, on servait le thé.

Dans son discours introductif, bref, Kerrith Brown a pris soin de remercier cinq fois le prince avant de souligner que « les 450 athlètes de 50 nationalités formaient une famille unie et réunie à Bahreïn pour célébrer le MMA et ses valeurs. Notre rêve est de devenir un sport olympique en démonstration en 2028 ». Puis quelques athlètes sont montés à la tribune pour enfoncer le clou, de la même manière, à cinq reprises : « Nous promettons de respecter les règles, sans dopage, pour la gloire de notre sport et l'honneur de nos équipes ».

La french touch

Les combattants du Bahreïn, de Colombie, d'Allemagne et de Malaisie l'ont joué soft. Seul le Français s'est fait remarquer en vociférant. Puis un anchorman de préciser que « le MMA est une partie intrinsèque de la culture sportive du Bahreïn grâce à la vision de Son Excellence », avant de laisser place à « un show artistique » (sic) : une violoniste et des jeux de lumières pour des mélodies dispensables.

Avant l'annonce de l'ouverture officielle des Championnats du monde par le prince en personne, de la façon la plus concise possible, le clou du spectacle : l'énumération des 51 pays engagés dans cette 6e édition. Un combattant ou une combattante, à l'appel de son pays, se lève et présente, fièrement et bien haut son drapeau. À l'appel de la France, rien ne se passe. Le porte-étendard tricolore, celui-là même qui s'était époumoné en tribune, avait la tête ailleurs. Avant d'agiter trop frénétiquement ses couleurs à l'appel des autres nations. Une certaine notion de la french touch. Pas vraiment princière.

publié le 11 novembre 2019 à 00h12

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