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France

Montpellier : "Ce n’est pas parce qu’on vieillit qu’on n’a plus le droit de choisir sa vie"

Jeunes retraités comme octogénaires encore dynamiques, ils (et elles !) s’inscrivent pleinement dans des activités de bénévolat, souvent à caractère social et sportif. En parallèle, la Ville développe toute une série de politiques d’accompagnement.

Troisième et quatrième âges ne sont pas que de vagues notions démographiques. Dès la soixantaine révolue et, grosso modo, la cessation d’activité professionnelle, les seniors s’invitent dans la vie de la cité.

"La Ville s’occupe de tous, du jeune retraité actif jusqu’aux personnes en fin de vie, pose Annie Yague, adjointe déléguée à la cohésion sociale. Certaines personnes de plus de 90 ans continuent d’avoir des activités dans nos clubs municipaux de l’âge d’or."

L’élu pointe ce qui semble être un détail mais s’avère un fait important : maintenir l’indépendance des Montpelliérains âgés le plus longtemps possible. "Nous proposons des auxiliaires de vie aux gens en difficulté pour faire le ménage, les courses afin de préserver une vie autonome. Un service de soins, avec un vrai suivi médical, est également possible."

Les clubs de l’Âge d’or du centre communal d’action sociale

Ils sont 17, répartis dans presque tous les quartiers de Montpellier et accessibles tous les jours, de 11 h à 18 h (et le samedi pour sept d’entre eux). Les clubs de l’Âge d’or proposent une foultitude d’animations, ateliers et autres sorties. Seules conditions préalables : avoir 62 ans (ou être titulaire d’une carte d’invalidité à 80%), résider à Montpellier et, bien évidemment, être retraité !

Une carte au tarif annuel très modique (5 €) permet d’accéder à l’ensemble des programmes des 17 clubs et de bénéficier de tarifs réduits aux spectacles du festival Montpellier danse et à certains films du Cinemed.

De la gymnastique douce au bowling en passant par l’aquagym, le tennis, la marche active ou le tir à l’arc, les possibilités de bouger et d’entretenir sa forme sont larges. Les offres pour l’esprit ne sont pas non plus négligées : ateliers artistiques, musique, jeux d’écriture, langues, calligraphie, informatique... le panel est aussi large que, parfois, surprenant (atelier humour ou XboxTM).

Et puis, il y a les temps forts, des rendez-vous qui marquent l’année des clubs : conférence de rentrée sur "le bien vieillir", deux bals annuels (novembre et avril), la participation au Téléthon, des olympiades adaptées au domaine de Grammont, sans oublier les grands banquets de Noël puis de la nouvelle année au Zénith sud.

Clubs de l’Âge d’or, direction déléguée à la prévention des ruptures de parcours, 125 place Thermidor. Tram 1 et 3, Port Marianne. Du lundi au vendredi, 8 h 30-12 h et 13 h 30-17 h. Contact : 04 99 52 77 99.

S’adapter au papy-boom

Autant d’actions pour reculer l’entrée dans les sept Ehpad municipaux (établissements d’hébergement pour personnes âgées dépendantes) qui accueillent près de 600 résidents.

Car l’intérêt de prolonger la vie chez soi n’est plus à prouver. D’autant, comme le pointe Annie Yague, que "notre société n’est pas équipée pour accueillir des seniors en établissements spécialisés. Et comme quasiment aucun ne vous dira spontanément qu’il, ou elle, veut aller en établissement, on se doit être créatif. Notamment en accompagnant les personnes dans leur cheminement de vie." Ce travail a également le mérite, selon l’élue, "de donner le temps à notre société de s’adapter au futur papy-boom qui ne va cesser de s’amplifier".

Une évolution démographique que Montpellier, en croissance régulière et importante d’habitants (environ 4 000 par an... soit 11 chaque jour !), doit également prendre en compte à moyen et long terme. "Nous avons le souhait d’inventer de nouvelles manières d’habiter qui sécurisent les personnes âgées tout en préservant l’autonomie à laquelle elles tiennent tant. à nous d’être imaginatifs."

86 ans d’âge moyen lors de l’entrée en Ehpad

Outre cette fameuse table d’hôte (lire plus bas), la Ville se dit attentive aux résidences seniors. "Pour l’instant, elles sont surtout accessibles aux personnes avec des moyens financiers suffisants, nuance Annie Yague. Du coup, notre souhait est d’aller vers des résidences seniors à caractère social. Il me semble essentiel qu’un large panel de solutions soit proposé. Ce n’est pas parce qu’on vieillit qu’on n’a plus le droit de choisir sa vie."

Et le recul très sensible de l’âge d’entrée en établissement spécialisé (86 ans désormais) prouve aussi, selon l’élue, "que les personnes craignent ce qui est le dernier accueil de leur existence. Mais chacun est important et ce n’est pas parce qu’on prend de l’âge qu’on doit avoir moins d’importance."

La table d’hôte, nouveau dispositif

En 2018, la Ville a expérimenté, puis élargi en 2019, un nouveau dispositif, intermédiaire entre le maintien à domicile et l’entrée en Ehpad. "Cela concerne des personnes désireuses de vivre en autonomie mais qui ne sont plus en capacité de sortir, au risque de s’isoler de plus en plus", résume Annie Yague. D’où l’idée de créer la table d’hôte pour "donner à ces personnes la possibilité de venir partager les repas de midi dans nos Ehpad, où elles profitent aussi des activités offertes. Des auxiliaires de vie les accompagnent et les ramènent ensuite à domicile. Cela permet de prolonger la vie à domicile et d’avoir une première vision de l’Ehpad pour, ensuite, éviter le traumatisme psychologique de la décision, souvent prise par la famille, de quitter leur logement."

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