Une décision qui a provoqué la colère d’une partie de la communauté chinoise à Paris. Les juges d’instruction chargés de l’enquête sur la mort de Shaoyao Liu, un père de famille chinois tué par un tir policier en 2017, ont ordonné un non-lieu. La famille de la victime a fait appel de la décision. Cette affaire qui avait déclenché la colère d'une partie de la communauté chinoise à Paris, provoquant plusieurs manifestations.

Shaoyao Liu avait été mortellement touché par le tir d'un policier de la brigade anti-criminalité (BAC) à son domicile parisien du 19e arrondissement en mars 2017, alors que selon la police, il agressait avec des ciseaux un autre agent. Cette version est contestée par la famille qui affirme que la victime, qui était avec ses enfants, se servait de ciseaux pour préparer du poisson, et qu’elle n’avait « blessé personne ».

Rassemblement pour dénoncer ce non-lieu

Pékin avait publiquement demandé que la lumière soit faite sur les circonstances du décès. « Depuis le début, les juges d'instruction, qui sont le bras armé du parquet, ont décidé que ça n’irait pas très loin, puisque le policier qui a tiré n’a jamais été mis en examen dans ce dossier », a déclaré Me Pierre Lumbroso, avocat de la famille. « Pourtant, il y a vraiment des éléments objectifs qui démontrent que même si c’était un accident, il a tiré sur ce monsieur », a-t-il ajouté.

« Nous avons fait appel le 17 juillet pour contester ce non-lieu et nous continuerons de nous mobiliser tant qu’il n’y aura pas de procès », a affirmé Isabelle Liu, fille de la victime, lors d’un rassemblement dimanche à Paris contre « l’injustice et les violences policières ». Isabelle Liu, présente dans l’appartement lorsque le policier a ouvert le feu sur son père, a souligné lors de ce rassemblement qui a réuni plusieurs dizaines de personnes Place de la République, que « de nombreux éléments identifiés par les experts nous conduisent à douter de l’investissement déployé » par la justice dans ce dossier.