France

Mort de Patrick Devedjian, lieutenant blessé de Nicolas Sarkozy

Le président du conseil départemental des Hauts-de-Seine, ancien ministre, est le premier mort politique de premier plan du coronavirus.

Par Abel Mestre et Solenn de Royer

Temps de Lecture 6 min.

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Patrick Devedjian, à Paris, en 2007. Lea Crespi / Pasco

C’est le premier mort politique de premier plan du coronavirus. Hospitalisé en milieu de semaine dans les Hauts-de-Seine après avoir été testé positif au Covid-19, Patrick Devedjian, 75 ans, est mort dans la nuit de samedi 28 à dimanche 29 mars. « Je suis touché par l’épidémie, donc à même de témoigner du travail exceptionnel de tous les personnels soignants, écrivait-il il y a deux jours sur son compte Twitter. Fatigué mais stabilisé grâce à eux, je remonte la pente et leur adresse un très grand merci. » Son cœur, que ses amis savaient fragile, n’a finalement pas tenu.

Nicolas Sarkozy a salué le « panache » et le caractère « entier » de son ancien ministre, qui présidait depuis treize ans le conseil départemental des Hauts-de-Seine, après avoir effectué tous les mandats : maire d’Antony (1983-2002), député LR des Hauts-de-Seine (1986-2017) et conseiller départemental (2004-2007).

Si les relations entre les deux hommes s’étaient abîmées à l’aune du pouvoir, Patrick Devedjian fut pendant longtemps l’un de ses plus fidèles lieutenants. Le balladurien l’a suivi comme une ombre dans son ascension jusqu’à l’Elysée : place Beauvau, comme ministre délégué aux libertés locales (2002-2004), puis à Bercy, en tant que ministre délégué à l’industrie (2004-2005). Au crépuscule de la Chiraquie, l’avocat, né le 26 août 1944 à Fontainebleau, aimait se définir comme le « premier sarkozyste du gouvernement ».

Déconvenues

Une fidélité bien mal récompensée. En 2007, Patrick Devedjian voit Rachida Dati nommée au poste qu’il attendait, garde des sceaux. Cette cruelle déception lui vaut l’un des meilleurs traits politiques du moment : « Je suis pour aller très loin dans l’ouverture, y compris jusqu’aux sarkozystes », lance-t-il à la tribune d’un conseil national de l’UMP, critiquant l’entrée de personnalités de gauche et du centre au gouvernement.

Mais pour lui, les déconvenues ne font que commencer. Il hérite de la tête de l’UMP mais doit la partager avec Jean-Pierre Raffarin. Un an plus tard, il n’est pas prévenu de la candidature de Jean Sarkozy à la tête du groupe UMP du conseil général des Hauts-de-Seine, alors que lui-même soutient un autre candidat. Le forcing de Nicolas Sarkozy pour imposer son fils de 23 ans à la tête de l’Etablissement public d’aménagement du quartier d’affaires de La Défense (Epad) qu’il préside accentue encore les différends.

Blessé mais orgueilleux, Devedjian surjouait le détachement pour mieux masquer sa désillusion : « je ne rêve plus », confiait-il une journée d’été, un an après la victoire de Sarkozy, dont il s’éloignera tout au long du quinquennat. Même si le chef de l’Etat finira par le nommer au gouvernement à la faveur de la crise financière de 2008, comme ministre chargé du plan de relance.

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