France

Municipales 2020 : à Paris, Agnès Buzyn chargée de « renverser la table » après l’abandon de Benjamin Griveaux

La candidature de l’ancienne ministre des solidarités et de la santé, annoncée dimanche, rebat les cartes à quatre semaines du premier tour.

Par Denis Cosnard et Olivier Faye

Temps de Lecture 7 min.

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Agnès Buzyn, à son départ du ministère de la santé, le 16 février à Paris. RAFAEL YAGHOBZADEH / AP

Il est 20 heures, ce dimanche 16 février, et la pluie commence à tomber devant la brasserie Mon Paris, où Agnès Buzyn doit rencontrer pour la première fois ceux qui feront campagne avec elle. Pour se réchauffer et faire arriver la candidate qui tarde, militants et têtes de liste des arrondissements se mettent à scander « Agnès ! »

Ils enchaînent avec Bella Ciao, puis hurlent « On va gagner ! On va gagner ! » Malgré la pluie de plus en plus drue, ils sourient. Et si cette victoire à laquelle ils ne croyaient plus redevenait possible ? Oui, « j’y vais pour gagner », assure la nouvelle candidate.

Renverser la table. Repartir à zéro, et tenter de remporter les municipales à Paris, après des mois de campagne à moitié ratée et l’abandon soudain de Benjamin Griveaux à trente jours du scrutin. Telle est l’audacieuse mission confiée par le président de la République Emmanuel Macron à Agnès Buzyn.

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La ministre des solidarités et de la santé a été choisie dimanche pour prendre au pied levé la relève du candidat mis hors course par la révélation d’une vidéo à caractère sexuel. Elle a immédiatement démissionné du gouvernement, et a été remplacée par Olivier Véran. Elle est désormais la candidate officielle de La République en marche (LRM) dans la capitale, face notamment à deux autres femmes, la socialiste sortante Anne Hidalgo et Rachida Dati, la tête d’affiche du parti Les Républicains (LR).

Créer une nouvelle dynamique

Bombardée à la tête d’une équipe de quelque 500 candidats qu’elle ne connaît souvent pas, Agnès Buzyn ne devrait guère toucher aux listes déjà élaborées, qui doivent être déposées en préfecture avant le 27 février. Tout juste devra-t-elle choisir un arrondissement où être elle-même candidate. Peut-être le 17e, à la place laissée par Benjamin Griveaux.

Elle pourrait revoir davantage le programme. « On va sans doute enlever des trucs qui ne collaient pas, comme le déménagement de la gare de l’Est en banlieue », avance un élu.

L’objectif officiel ne consiste pas seulement à sauver les meubles, après les difficultés en série de Benjamin Griveaux, passé peu à peu du statut de favori à celui de troisième ou quatrième candidat dans les intentions de vote. A 57 ans, Agnès Buzyn est chargée de créer une nouvelle dynamique. « Elle est en situation de changer l’équation, de favoriser le rassemblement », veut croire un stratège de la macronie. « Par son poids personnel, elle peut modifier le rapport de forces, même si c’est dégradé et compromis », appuie un proche du chef de l’Etat.

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