France

Municipales 2020 : à un mois des résultats, que disent les sondages ?

Municipales 2020 : à un mois des résultats, que disent les sondages ? ELECTIONS MUNICIPALES. Les élections municipales ont lieu dans un mois jour pour jour, le 15 mars 2020 pour le premier tour. Où en sont les sondages dans les principales villes du pays ? Les résultats des dernières enquêtes et les actus en direct...

Les dernières infos de campagne en direct

Depuis l'annonce du retrait de sa candidature, vendredi, La République en marche cherche le remplaçant de Benjamin Griveaux à Paris. Des discussions sont en cours samedi après-midi. Un bureau exécutif doit également être organisé en fin de journée. Plusieurs noms ont été évoqués. Selon Stanislas Guerini, le délégué général de LREM, la personne choisie sera "connue, au plus tard, en début de semaine prochaine".

[Fin du direct]

Ce vendredi 14 février au Kremlin-Bicêtre (94), Valérie Pécresse a présenté les candidats qui représenteront son parti Libres! aux élections municipales. La présidente de la région Île-de-France a exposé les grandes lignes de leur programme commun. Le Parisien rapporte ses dires : "nos villes ont besoin de bon, de beau et bien." Pour se faire, Valérie Pécresse met l'accent sur la sécurité : "la délinquance se déplace là où il n'y a pas de police municipale et de vidéosurveillance." Elle propose également de : "dire stop à cette urbanisation des dalles, inhumaine, qui détruit l'esprit village, tellement précieux aux portes de Paris." Ainsi, l'ancienne ministre défend un "plafond anti-ghetto" qui limiterait à 30% la part de logements sociaux dans les nouvelles constructions. 

Le retrait de Benjamin Griveaux fragilise la campagne des municipales de La République en Marche. "Ça va être dur. On part de zéro. Et on ne décrochera pas la timbale." observe un cadre de LREM dans des propos rapportés par l'AFP. Un ministre commente : "Est-ce qu'on enjambe les municipales ? Oui. Le Président a commencé à le dire, d'ailleurs." Il regrette : "Vous ne créez pas une génération spontanée de maires." 

Selon un sondage Ifop pour La Tribune, publié ce vendredi 14 février 2020, le maire sortant, Christian Estrosi (LR) serait gratifié de 50% des suffrages. De fait, le candidat Les Républicains serait élu au premier tour. Philippe Vardon (RN) séduit 15% des sondés. Il devance le candidat EELV, Jean-Marc Governatori, crédité de 13% des voix. Les listes PS et LFI sont à égalité : 7 % chacune. La liste Divers droite, menée par Benoît Kandel, est donnée à 5%. Le Parti animaliste réunirait 2% des voix et la liste de Debout le France 1%. 

La permanence d'Edouard Philippe, candidat à la mairie du Havre, a été vandalisée dans la nuit du 13 au 14 février 2020. La vitrine a été recouverte de tracts cégétistes contre la réforme des retraites. En lettre rouge était peint : "Dégage Doudou, Le Havre est à nous". La députée (Agir) Agnès Firmin Le Bodo, soutien du candidat, a signifié sur Twitter : "Entre local de campagne barbouillé et conseil communautaire perturbé, il est évident que certains ne connaissent pas la définition de la démocratie #CGT". 

Dans un entretien à L'Obs Gérard Collomb, maire de Lyon et candidat aux municipales, s'est exprimé sur ses désaccords avec le camps écologiste : "Je vous signale, pour information, que les écologistes ont longtemps été dans ma majorité municipale et qu'ils ont donc gouverné avec moi durant de longues années." Le candidat assène : "Ils ne peuvent pas m'accuser de tous les maux. Ou alors, ils seront dans une forme d'auto-flagellation." Selon Gérard Collomb la principale mésentente serait liée à "la construction d'une voie rapide, à l'ouest de l'agglomération". Il poursuit : "Comment expliquez-vous qu'en dix ans, notre population ait augmenté de 75 000 habitants, avec l'arrivée de jeunes couples de Parisiens, d'étrangers, aussi, attirés par la qualité de la vie sur les bords du Rhône ?"

En savoir plus sur les municipales 2020

La campagne des élections municipales, comme celle de l'élection présidentielle, est toujours très suivie des Français, qui sont d'ailleurs peu à s'abstenir lorsqu'il faut élire leur maire. Les études montrent que les préoccupations locales sont fortes, mais l'enjeu des municipales dépasse les perspectives locales. Ces élections vont marquer un virage sans doute difficile à négocier pour la majorité et constituent un test pour les partis d'opposition, qui compteront leurs points dans le nouveau paysage politique une fois les nouveaux maires à leur poste. Certes, l'élection européenne, en 2019, a déjà dégagé de nouveaux rapports de force, avec la poussée du RN et la performance des écologistes, mais le résultat des municipales ouvrira une toute autre séquence pour Emmanuel Macron. Il ne faut d'ailleurs pas exclure l'hypothèse d'un remaniement et d'un changement de Premier ministre en milieu d'année 2020.

Le mandat de maire et de conseiller municipal dure 6 ans. Les dernières élections municipales ont eu lieu les 23 et 30 mars 2014, les prochaines auront lieu les 15 et 22 mars 2020. D'autres dates sont importantes : les électeurs ont jusqu'au 7 février pour s'inscrire sur les listes électorales ; les candidats doivent eux déposer leur candidature avant le 27 février à 18h ; la campagne des élections municipales s'ouvre officiellement le 2 mars 2020.

Le 28 janvier 2019, Odoxa a publié un sondage donnant les intentions de vote pour le premier tour des municipales 2020 par parti politique. S'il faut prendre cette enquête avec beaucoup de précautions - compte tenu de l'agglomération des intentions de vote à l'échelle nationale et des nombreuses communes avec candidats sans étiquette -, elle donne quelques indications.

Début juillet 2018, Harris Interactive avait réalisé un sondage pour La Chaîne parlementaire-Assemblée nationale pour prendre le pouls de l'opinion publique sur les prochaines élections municipales. Avaient été interrogées 1674 personnes vivant dans des communes de plus 10 000 habitants. Arrivent en tête des intentions de vote : LREM-Modem (27%), le PS-EELV (19%) puis LR (18%). Viennent ensuite, dans l'ordre : le RN (13%), la France Insoumise-PCF (9%), l'UDI (5%), Debout la France (5%).

Les instituts sondagiers ont déjà effectué de nombreuses enquêtes, pour faire le point sur les intentions de vote dans les villes les plus importantes. A Paris, à Lille, à Toulouse, à Nantes, à Nice, à Bordeaux, c'est le maire sortant qui est donné favori. A Lyon, Gérard Collomb est en tête des sondages pour l'élection métropolitaine. Selon Odoxa, l’abstention devrait être autour de 35%. L'institut note que "EELV et le RN peuvent espérer être les grands vainqueurs du scrutin", avec des scores importants attendus dans de nombreuses communes.

Sondages des municipales à Paris

Selon un sondage Odax effectué pour pour Le Figaro en janvier 2020, Anne Hidalgo fait la course en tête au premier tour (23%), devant Rachida Dati (20%) et Benjamin Griveaux (16%), qui s'est depuis retiré. Suivent dans les intentions de vote l'écologiste Belliard (14,5%) et Cédric Villani (10%). Anne Hidalgo est donnée gagnante au second tour. Plus d'infos sur les municipales à Paris

Sondages des municipales à Marseille

Selon un sondage effectué début novembre 2019 par Ifop, sur commande de LR, la droite est donnée en tête au premier tour. Les intentions de vote sont les suivants : Martine Vassal (LR, DVD) : 30% ; Stéphane Ravier (FN) : 23% ; Sébastien Barles (EELV) : 14% ; Benoît Payan (PCF, LFI, PS) : 13% ; Saïd Ahamada (LREM) : 11% ; Samia Ghali (DVG) : 8%.

A noter que depuis la réalisation de ce sondage, Benoît Gilles a quitté LR - il briguait l'investiture - et compte se présenter aux municipales. Cette hypothèse avait été testée par Ifop début novembre, dans le même sondage. Les intentions de vote étaient alors les suivantes au premier tour : Martine Vassal : 20% ; Stéphane Ravier : 20% ; Bruno Gilles : 13% ; EELV : 14% ; LFI : 14% ; LREM : 12% ; Divers gauche : 8%. Plus d'infos sur les municipales à Marseille

Sondages des municipales à Lyon

Selon un sondage Opinion Way effectué pour Lyon Mag et Jazz Radio à la mi-octobre, Gérard Collomb est donné nettement en tête du premier tour des élections métropolitaines, avec 30% des intentions de vote, devant EELV (21%), LR (18%), le FN (12%), et David Kimelfeld, actuel président de la métropole, crédité de 11 % des voix.

Selon un sondage Ipsos pour Le Progrès, France Bleu et France Info, les intentions de vote pour la métropole sont les suivantes au premier tour : Gérard Collomb (LREM) : 31% ; Bruno Bernard (EELV) : 19% ; David Kimelfeld (sortant) : 15% ; François Noël Buffet : 14% ; Andrea Kotarac (RN) : 11% ; Annie Guillemot (PS) : 6% ; LFI : 4%. Plus d'infos sur les municipales à Lyon

Sondages des municipales à Lille

Un sondage Ipsos Sopra-Steria a été publié par France Bleu, France Info et La Voix du Nord le 13 décembre. Selon cette enquête, la maire sortante, Martine Aubry est nettement en tête dans les intentions de vote au premier tour (30%), devant EELV (18%) et LREM (15%). Ce sondage place à égalité à 11% des intentions de vote La France Insoumise, le Rassemblement national et Les Républicains. Plus d'infos sur les municipales à Lille.

Sondages des municipales à Montpellier

Une enquête Harris Interactive, effectuée du 26 novembre au 30 novembre, à la demande du député Patrick Vignal, a été publiée jeudi 16 janvier. Voici les intentions de vote que ce sondage établit pour les municipales à Montpellier : Clothilde Ollier (EELV) 22 % (dont la candidature a été retirée par EELV, dimanche 19 janvier) ; le maire sortant Philippe Saurel 19 % ; liste "Nous Sommes", soutenue par la France Insoumise : 12% ; Olak Rokvam (RN) : 11% ; Mohed Altrad : 10 % ; Patrick Vignal (si investi par LREM) : 9 % ; Michaël Delafosse (PS) : 8% ; Alex Larue (LR) : 8 % ; Anne Brissaud (Nouveau centre) : 1%. Plus d'infos sur notre page consacrée aux élections municipales à Montpellier. 

Sondages des municipales à Nice

Un sondage a été effectué par Ipsos pour France Bleu Azur et publié par France Bleu Azur. Il testait l'hypothèse d'un retrait d'Eric Ciotti - ce qui est le cas désormais - et donnait alors les intentions de vote suivantes : Christian Estrosi (maire sortant LR) : 51% ; Philippe Vardon (RN) : 21% ; liste d'union des gauches (PS/EELV/PC/PRG) : 18% ; Cédric Roussel (LREM) : 6% ; liste La France Insoumise : 4%.

Sondages des municipales à Toulouse

Un sondage effectué par l'institut BVA en mai dernier donnait le maire sortant Jean-Luc Moudenc en tête du premier tour avec 36% des intentions de vote. Cette enquête a été réalisée bien avant que les rapprochements ne s'opèrent entre formations politiques et avant que les candidats soient déclarés. Mais l'enquête pronostiquait 16% pour EELV, 12% pour le PS-PCF, 10% pour LFI, 8% pour le RN. A noter que Jean-Luc Moudenc est soutenu par LREM et investi officiellement par LR. Plus d'infos sur les municipales à Toulouse.

Sondages des municipales à Nantes

Une enquête a été effectuée par Ifop en juin 2019, commandée par le Parti socialiste. Les intentions de vote pour l'élection municipale à Nantes étaient alors les suivantes : Johanna Rolland (maire sortante PS-PCF) : 33% ; Julie Laernoes (EELV): 23% ; Laurence Garnier (LR): 17% ; Sophie Errante (LREM-MoDem-UDI) : 14% ; Christian Bouchet (RN) : 8% ; Guy Croupy (LFI) : 6%. Plus d'informations sur les élections municipales à Nantes.

Sondage des municipales à Perpignan

Un sondage Ifop, effectué entre le 30 décembre et le 3 janvier, a été publié mercredi 8 janvier par Sud Radio et La Semaine du Roussillon. Cette enquête donne les intentions de vote suivantes au premier tour : Louis Aliot (RN) : 26% ; Jean-Marc Pujol (maire sortant) : 18% ; Agnès Langevine (PS et EELV) : 14,5% ; Romain Grau (LREM) : 14%. Dans le cas où les quatre candidats se maintiennent au second tour des municipales, dans une quadrangulaire, alors c'est bien le candidat du Rassemblement national qui serait élu maire. Les intentions de vote seraient en effet les suivantes : Louis Aliot : 29% ; Agnès Langevine : 27% ; Jean-Marc Pujol : 26% ; Romain Grau : 18%.

Lors du scrutin des municipales, les habitants d'une commune élisent pour un mandat de 6 ans les membres du conseil municipal, qui désignent alors le maire de la commune. Lors de la campagne, les citoyens savent qui porte les listes présentées et donc quel candidat au sein de celles-ci ambitionne d'être maire. Depuis les élections municipales de 2014, le mode de scrutin est "proportionnel avec prime majoritaire" pour les communes de plus de 1000 habitants. Les candidats de chaque formation se présentent en listes complètes, que les votants ne peuvent pas modifier. Les listes ayant obtenu au moins 10 % des suffrages peuvent se maintenir au second tour. Avec 5 % des voix, les candidats d'une liste peuvent fusionner avec une autre liste. Pour les commune de moins de 1000 habitants, le scrutin est "majoritaire plurinominal" avec panachage : les citoyens peuvent voter pour des candidats de listes différentes.

Le nombre de candidats élus au conseil municipal varie en fonction du nombre d'habitants. A titre indicatif, un conseil municipal d'une ville comportant entre 5 000 et 10 000 habitants est composé de 29 élus ; ils sont 43 dans une ville ayant entre 40 000 et 50 000 habitants ou encore 69 pour une ville de plus de 300 000 habitants. Il y a 73 conseillers municipaux à Lyon, 101 à Marseille et 163 à Paris.

Le nombre d'élus municipaux n'est bien entendu pas le même selon la taille des villes. A titre d'exemple, dans les communes de moins de 100 habitants sont élus 7 conseillers municipaux, ils sont 33 dans les villes de 10 000 à 19 999 habitants, 55 dans les villes de 100 000 à 149 999 habitants ou encore 69 dans les communes de plus de 300 000 habitants. A Lyon sont élus 73 conseillers municipaux ; à Marseille sont désignés 101 conseillers municipaux ; à Paris ils sont très exactement 163 à l'issue des élections municipales.

Qui vote aux élections municipales ?

Pour voter il faut avoir 18 ans, être inscrit sur les listes électorales, être en possession de ses droits civils et politiques. Il faut posséder la nationalité française ou bien celle d'un pays membre de l'Union européenne.

Comment sont répartis les sièges au conseil municipal ? Tout dépend des résultats des élections. Dans les communes de plus de 1000 habitants, on attribue dans un premier temps à la liste arrivé en tête un nombre de sièges égal à la moitié du nombre de sièges à pourvoir. Ensuite, les autres sièges du conseil municipal sont répartis entre toutes les listes à la représentation proportionnelle, suivant la règle de la plus forte moyenne. Les listes n'ayant pas obtenu 5% des voix ne sont pas prises en compte dans la répartition des sièges.

Dans les communes de moins de 1000 habitants, les voix sont décomptées individuellement par candidat, quelques soient les listes. Un candidat peut être élu au premier tour de l'élection municipale, s'il recueille la majorité absolue des suffrages exprimés et un nombre de suffrages au moins égal au quart de celui des électeurs inscrits. Au second, la majorité relative suffit pour remporter l'élection.

Résultat des municipales par ville

Résultats des municipales par département