Questionné sur l’intrusion de grévistes au siège de la CFDT, l’incendie à La Rotonde et la sortie perturbée d’Emmanuel Macron au théâtre, le secrétaire général de la CGT a rappelé qu’il condamnait « toute forme de violence ».

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Le secrétaire général de la CGT, Philippe Martinez, le 16 janvier 2020, dans une manifestation contre la réforme des retraites à Paris. BENOIT TESSIER / REUTERS

« Nous condamnons toute forme de violence. Mais pour être très clair : il y en a marre du “CGT-bashing” ! Nous n’avons pas à porter le chapeau de tout ce qui se passe dans le pays. » Interrogé par Le Parisien, le secrétaire général de la CGT a dû rappeler que son syndicat n’était pas à l’origine des différents actes violents ayant eu lieu ces derniers jours dans le contexte de la mobilisation contre la réforme des retraites.

Deux jours après l’intrusion de grévistes au siège de la CFDT, favorable au système universel de retraite par points dénoncé par les grévistes, M. Martinez a confié avoir téléphoné à Laurent Berger pour lui faire part de son soutien. « Il m’a confirmé, contrairement à ce qu’on a dit, qu’aucun militant de la CGT n’avait participé », a-t-il assuré. Vendredi, une source policière avait pourtant affirmé qu’il s’agissait de militants d’un second syndicat français.

« Nous aussi, nous sommes victimes d’intimidations, a raconté le syndicaliste. Je reçois des messages de haine : “Sale Espagnol, rentre dans ton pays”. Sans parler des menaces visant notre siège. » Le dirigeant de la CGT a ainsi demandé à ses militants « de faire attention aux provocations qui peuvent leur être faites ».

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« Aucune discussion avec le gouvernement »

Sommé également de condamner « ce qui est arrivé à Emmanuel Macron, chahuté lors d’une sortie au théâtre vendredi soir », M. Martinez a insisté sur le fait de devoir « vérifier ce qu’il s’est passé » car « beaucoup de choses se disent ». « Mais si c’est simplement un rassemblement de protestation, cela ne me choque pas du tout », a-t-il ajouté.

Vendredi soir, plusieurs dizaines d’opposants à Emmanuel Macron s’étaient rassemblés devant le théâtre parisien des Bouffes du Nord, où il passait la soirée, tentant de forcer l’entrée, avant d’être repoussés par les forces de l’ordre. Le président avait finalement été escorté par la police à la fin du spectacle. Le journaliste et militant Taha Bouhafs qui assistait lui aussi au spectacle, a été interpellé et placé en garde à vue vendredi pour « participation à un groupement formé en vue de commettre des violences ou des dégradations » et « organisation d’une manifestation non déclarée ». Il est finalement ressorti libre samedi soir mais a été placé sous le statut de témoin assisté.

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Quant à l’incendie de la célèbre brasserie La Rotonde, dont l’image est associée par certains au président de la République qui y avait fêté sa qualification au second tour de la présidentielle en 2017, M. Martinez souligne également que l’« on ne connaît pas encore les circonstances ». Une enquête a en effet été ouverte samedi pour déterminer les causes de l’incendie. « Les premières investigations s’orientent vers l’hypothèse d’un acte volontaire », a précisé une source proche du dossier, sans préciser si cela pouvait avoir un lien avec la contestation contre la réforme des retraites.

Sur la question de fond de la réforme des retraites, M. Martinez a regretté de n’avoir « aucune discussion avec le gouvernement, contrairement à ce qu’il semble dire » :

« Pourtant nous posons des questions simples : qu’est-ce que c’est qu’une carrière complète, pour toucher au moins les 1 000 euros ? Au gouvernement, personne n’est capable de me répondre. Imaginez, j’avais plus de contacts avec Jean-Paul Delevoye qu’avec son successeur ! »

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